Jamais la Côte d’Ivoire ne fut aussi chaotique, aussi indisciplinée, aussi immorale, aussi malpropre, aussi négligée, et aussi souffrante que sous le régime d’Alassane Dramane Ouattara. Du carnage programmé des Ivoiriens aux inondations apocalyptiques, tout en passant par les effondrements répétés d’immeubles, de stades, de ponts et de pontons, les incendies de marchés, d’usines, de bus, et de bateaux-bus, la prolifération de « microbes » de « gnambros » et de coupeurs de routes, les chutes de véhicules dans la lagune ébrié, les crashs reproduits d’hélicos et d’avions, les rituels de décapitation et de profanations perpétués sur les enfants, les attentats terroristes, les mutineries toujours renouvelées des rebelles, l’appauvrissement suivi de violences sur les paysans, la menace d’Ebola, les détournements, les vols, les blanchiments et la corruption à grande échelle, la destruction de la classe moyenne ivoirienne et la paupérisation généralisée des populations ivoiriennes, rien n’a fait défaut sous la rattrapocratie.

 

Coïncidence, diront les rattrapocrates. Ce à quoi nous leur répondrions que pour que cela soit de la pure coïncidence, pour qu’en si peu de temps dans l’histoire de la Côte d’Ivoire Alassane Dramane Ouattara ait à lui tout seul battu à un coefficient extraordinairement élevé tous les records de calamités, il faudrait vraiment qu’Alassane Dramane Ouattara soit un sacré poisseux.

 

 

 

L’est-il réellement ? Non ! Alassane Dramane Ouattara est en vérité un homme très chanceux, qui depuis le jour où il décrocha son bac à l’Université de Ouaga, a su mettre la chance de son côté, se servant de toutes sortes de subterfuges et de combines pour toujours se positionner au bon endroit au bon moment sans en être inquiété. Le succès, dit-on, demande parfois–requiert trop souvent même–juste un tout petit peu de talent et beaucoup de chance. Alassane Dramane Ouattara a beaucoup de chance, mais très peu de talent. Et c’est cette pénurie de talent chez Dramane Ouattara qui, en faisant se rencontrer des événements compossibles a produit ces situations catastrophiques en Côte d’Ivoire, que les rattrapocrates se précipiteront de mettre sous la rubrique de la coïncidence.

 

L’apocalypse que vivent les Ivoiriens sous le régime des rattrapocrates n’a rien d’accidentel. Il est le résultat d’un choix délibéré guidé malheureusement par une absence d’aptitude dans la gouvernance des rattrapocrates. Avec Ouattara, est apparue toute une horde d’incultes chasseurs de fortunes, dont certains se sont mis à son service comme conseillers, ministres, maires, députés ou généraux, et d’autres à leurs propres comptes comme « syndicalistes », « braqueurs », « gnambros », « microbes », exploitants forestiers, entrepreneurs dans le négoce international, dans le transport ou dans l’immobilier sans avoir les connaissances les plus rudimentaires du métier. Et tout ce beau monde, pour qui n’a de valeur que ce qui a un prix marchand, oublieux des règles élémentaires de l’équilibre écologique et de l’ordre social, mais déterminé à « émerger » dans cet eldorado ivoirien, s’est lancé dans une course effrénée pour le profit à tout prix, braquant les banques et les convoyeurs de biens, déboisant sauvagement nos forêts régulatrices de la balance atmosphérique, s’installant n’importe où et n’importe comment, pataugeant dans une « chaosmogonie » heureuse.

 

La Côte d’Ivoire n’en est point à sa première inondation. Si les « inondations des rattrapocrates » sont si dévastatrices et si meurtrières, c’est tout simplement parce qu’elles sont le résultat d’un crachat bêtement lancé en l’air par les rattrapocrates, et qui revient malheureusement s’écraser fatalement sur le visage des Ivoiriens. Ce crachat-là, c’est la propension des rattrapocrates à la corruption, à la magouille, au désordre, à l’anti-intellectualisme et à l’illégalité. C’est le résultat du manque de vision d’Allassane Dramane Ouattara, pour qui ce qui importait était de prendre le pouvoir à tout prix ; même si aucune clairvoyance d’un monde ordonnancé ne précédait ni ne suivait cette prise de pouvoir. Et dire que naguère nous ironisions sur les RAV4 ! Que dire donc de cette nouvelle race de spéculateurs sans foi ni loi qui, comme Bouki, vendraient leurs grand-mères pour quelques piécettes ! Laquelle de leurs indignités les qualifierait ?

 

Martial Frindéthié