Election du président de l’Assemblée nationale La démocratie ivoirienne refait un bond de 25 ans en arrière

Election du président de l’Assemblée nationale La démocratie ivoirienne refait un bond de 25 ans en arrière

L’ancien ministre chargé des Affaires politiques auprès d’Alassane Ouattara,

Amadou Soumahoro dit   ‘’Cimetière’’, a été imposé le jeudi dernier 7 mars 2019, à la tête de l’Assemblée nationale à la suite d’un «brigandage

politique» au grand dam de presque la moitié des députés ivoiriens qui ont

décidé de boycotter la session extraordinaire qui se déroulait en présence de Daniel  Kablan Duncan et Amadou Gon.

Dans une salle de la Chambre  basse de l’hémicycle à moitié vide, ce sont 153 députés sur 252 que compte l’Assemblée nationale qui ont

décidé de vendre leur âme au pouvoir de l’argent, baissant ainsi la culotte pour faire  faire un bond d’un quart de siècle en arrière à la démocratie

ivoirienne qui ne demandait qu’à fêter son âge d’or.

 

En effet, après la démission de Guillaume Soro de la présidence de l’Assemblée nationale le 8 février 2019, le bureau du parlement dirigé

par un intérimaire, le député Mamadou Diawara qui nourrissait

le désir de remplacer le député de Ferkessédougou,se réunira un peu plus

de deux semaines plus tard,soit le 26 février, pour déterminer le mode de scrutin qui devait prévaloir à la session extraordinaire du 7 mars.

Ainsi, l’instauration du bulletin unique fut retenue par le bureau de l’Assemblée nationale à la grande joie de tous.

 

Le 5 mars 2019, soit 48 heures avant la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, Alassane Ouattara rencontre les députés du

Rassemblement des houphouétistes (RHDP, parti unifié au pouvoir) dont il est le président.

 

Des sources généralement crédibles font état de distribution d’enveloppes

à ces parlementaires en vue de la révision du mode de scrutin retenu le

26 février par tous les groupes parlementaires (RHDP, PDCI-RDA, Rassemblement et Vox populi).

Mamadou Diawara, le parlementaire le plus âgé et président intérimaire, sous pression, remet en cause le mode de scrutin validé le 26

février par le bureau de l’Assemblée nationale au moment

où le candidat d’Alassane Ouattara, Mamadou Soumahoro, est l’objet de

désaveu de la part de plusieurs députés dont des collègues de son parti, le

RDR. Il était urgent de faire quelque chose, d’où cette manoeuvre.

 

Ainsi, le bulletin unique sera rejeté pour faire ace à un scrutin à bulletin

multiple. L’instauration au dernier moment d’une telledisposition n’est pas seulement pour contrôler les consignes de vote, c’est le triomphe de l’autocratie qui a décidé de mettre un frein à l’avancée démocratique

obtenue de haute lutte par le président Laurent Gbagbo et le Front populaire ivoirien (FPI).

Et l’on se souvient que l’instauration du bulletin unique a fait partie intégrante

des revendications non satisfaites qui ont entrainé le boycott actif à la présidentielle de 1995.

 

Alassane Ouattara, comme à son habitude, a encore usé de sa stratégie pour forcer le passage et imposer Amadou Soumahoro à la tête de

l’Assemblée nationale en remplacement de Guillaume Soro.

Mais ce passage en force est un essai qui prépare la présidentielle de

2020, l’objectif réel d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat qu’il vise.

Personne ne s’étonnera demain s’il lui venait de proposerun scrutin à bulletin multiple pour 2020. Trainant les pieds pour respecter ses

propres promesses sur la révision en profondeur de la Commission électorale indépendante (CEI) et déterrant au passage la hache de

guerre avec tous ses anciens alliés du RHDP, Alassane Ouattara cache certainement dans son dos, la sagaie avec laquelle il compte porter le

coup fatal à ses adversaires.L’opposition est avertie .