Rebondissement dans l’affaire du coup d’Etat manqué au Burkina-Faso, en 2013. Alors que la présidence ivoirienne est citée à travers le chef d’Etat-major particulier du président ouattara, la presse proche du chef de l’Etat ivoirien n’a pas trouvé mieux que de crier au complot. Evidemment, sans convaincre.

Manipulation des Médias, accusations insidieuses… : La grosse cabale contre Ouattara» ou «Ecoutes téléphoniques et coup d’Etat au Burkina… : «Ces incongruités qui discréditent Mediapart et les proches du PAN». «Comment Ouattara a sauvé Soro au Faso et en France». Ce sont-là quelques titres qui barraient, hier, la première page de certaines publications quotidiennes proches du pouvoir ouattara. on se souvient en effet qu’un coup d’Etat fort heureusement étouffé par la pression internationale avait fortement perturbé la transition au Burkina-Faso, suite l’éviction de Blaise Compaoré du pouvoir par la rue après 27 ans de tyrannie.

 

Le nom de Soro Guillaume, l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et ancien chef déclaré de la rébellion de ouattara, avait été cité : deux bandes présentées comme des appels téléphonique entre Soro et Michel Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré et impliqué dans le coup d’Etat, avaient été publiées. dans l’une de ces bandes sonores on entendait Soro parler à Bassolé. Il décrivait le plan machiavélique du coup d’Etat. Et dans l’autre, Bassolé lui indiquait deux numéros de téléphone de personnes à qui Soro était censé remettre des fonds destinés aux auteurs du coup d’Etat. Ces deux appels téléphoniques avaient été niés par les proches des deux personnalités aussi bien à Abidjan qu’au BurkinaFaso.

 

Ces preuves avaient été authentifiées par un expert Allemand, Hermann Kûnzel, sur sollicitation de la justice burkinabé. Fort de cette authentification, la justice du pays des «hommes intègres» avaient décerné un mandat d’arrêt international contre le président Soro Guillaume. Mais ouattara avait sollicité et obtenu de la part du pouvoir burkinabé que l’affaire se règle par voie diplomatique. Aujourd’hui, il y a rebondissement dans cette affaire. Médiapart révèle que l’instruction terminée, en plus des appels té- léphoniques, l’ordonnance du juge met gravement en cause la présidence de la république de Côte d’Ivoire.

 

Le média français écrit notamment que le général diendéré «reconnait avoir ordonné une mission de récupé- ration de matériel et de fonds à la frontière ivoirienne» et affirme avoir contacté pour cela «le chef d’Etat-major particulier de la présidence (Ouattara) de Côte d’Ivoire». Médiapart pré- cise que la mission a eu lieu le 19 septembre 2013, trois jours après le coup d’Etat.

 

Ce jour-là, un hélicoptère MI17 de l’armée décolle de ouagadougou en direction de la frontière ivoirienne, avec à son bord cinq personnes, indique Médiapart : le pilote, un copilote, deux mécaniciens et le capitaine Gaston ouadraogo, chef du service administratif et financier du GSP, chargé la veille à 23 heures par le colonel major Bouréima Kéré, bras droit de du général diéndéré, de mener l’opération. Selon Médiapart, le colonelmajor Kéré a expliqué au juge que c’est bien le général diendéré qui a ordonné la mission.

 

A la mi-journée, indique Médiapart, l’hélico atterrit tout près de la frontière avec la Côte d’Ivoire sur un terrain de football, à niangologo. Arrive alors une 4X4 venue de l’autre côté de la frontière. Les hommes en sortent une dizaine de caisses et une grosse valise qu’ils chargent dans l’hélico. Selon toujours Mediapart, les caisses contiennent des grenades lacrymogènes. La valise de l’argent. de retour à ouagadougou, l’hélico se pose dans le camp du GSP contrôlé par diendéré. Mediapart rapporte également que le général diendéré luimême reconnait par ailleurs avoir reçu «84 millions de la part du chef d’Etat-major de Ouattara», mais qu’il ne sait pas «si cet argent provient de Ouattara lui-même». Et que cet argent a servi à payer les hommes du GSP qui ont fait le coup d’Etat. Il n’en fallait plus pour que les médias proches de ouattara insinuent que c’est leur mentor qui est visé. Et ces médiats n’ont pas tort.

 

Car on ne pas imaginer que le chef d’Etatmajor intervienne dans une affaire aussi sérieuse avec un Etat étranger sans qu’il n’ait été instruit dans ce sens par son patron. donc si les faits sont établis, et tout porte à le croire, l’implication de ouattara ne fera aucun doute. Mais là où il y a problème c’est quand les proches de ouattara crient au complot contre leur mentor sans apporter aucun élément de contradiction. LES ProCHES dE ouATTArA ACCuSEnT Soro Tout ce qu’ils trouvent comme ce qu’ils considèrent comme un complot contre ouattara, c’est la similitude de cette salle affaire avec la nouvelle convocation du directeur de protocole de Soro, Soul to Soul, à la brigade de recherche de la gendarmerie dans l’affaire de la découverte d’une présumée cache d’armes à son domicile à Bouaké, lors de la mutinerie en mai dernier.

 

En écrivant : «la coïncidence de cette opération de dénigrement avec la convocation du chef de protocole du président de l’Assemblée nationale est troublante», les inconditionnels de ouattara ne rejettent pas les accusations portées contre le chef d’Etatmajor particulier de ouattara, et donc contre ouattara lui-même, comme ils le disent si judicieusement. Ils accusent plutôt le camp Soro d’être à l’origine de l’éclatement de cette affaire qui jette l’opprobre sur leur mentor ouattara sans avoir le courage de le dire franchement. Et dans leurs pleurs face à cette autre affaire qui met la Côte d’Ivoire au banc des accusés en mettant une fois de plus le caractère putschiste du pouvoir ouattara en exergue, le camp ouattara croit devoir rappeler à Soro ce qu’il a fait pour sauver le président de l’Assemblée nationale dans cette même affaire.

 

«Quand un mandat d’arrêt avait été lancé, il y a quelques mois contre le président de l’Assemblée nationale, le chef de l’Etat avait conseillé aux autorités du Burkina-Faso, de privilégier la voie diplomatique pour le règlement de cette affaire» écrivent les médias proches de ouattara. Histoire de rappeler au camp Soro que le président ouattara ne l’a pas lâché dans cette affaire de coup d’Etat, ce qui aurait justifié que le président de l’Assemblée nationale ne continue pas de le protéger. Il convient d’indiquer que Mediapart a expliqué dans ces écrits que : «en aparté, le président de l’Assemblée nationale dont les relations avec Ouattara se sont sensiblement détériorées ces derniers temps, assure qu’il fut bien moins impliqué dans cette affaire que d’autres hauts dirigeants ivoiriens très proches du président (Ouattara)». Et que l’entourage de Soro cite des noms dont l’instruction cite un particulièrement :

 

«Le général Vagondo Diomandé chef d’Etat- major particulier d’Alassane Ouattara depuis bientôt quatre ans». A partir de ces faits, on est aujourd’hui en droit de se laisser convaincre que la complicité du pouvoir d’Abidjan est établie dans le complot manqué au Burkina-Faso, en 2013. Et que si ouattara avait vite volé au secours de Soro, c’est parce qu’il se savait impliqué dans l’affaire. d’ailleurs rien ne dit aujourd’hui que Soro était en mission pour lui au Burkina-Faso pour aider au retour de son bienfaiteur Compaoré au pouvoir.