Le passage du professeur hélène Yapo Etté devant les juges de la CPI marque la fin des témoignages à charge contre le président Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la CPI. Le constat est qu’au terme des témoignages des témoins coptés par Ouattara et la procureure Bensouda, il n’y a aucun début de preuve de l’existence du «plan commun» tendant à «exterminer les partisans de Ouattara». Même les témoins que Ouattara et le procureur présentaient comme leurs jokers pour ‘’assommer’’ le président Gbagbo et Blé Goudé, à savoir les chefs des grands commandements de l’armée ivoirienne sous la présidence du président Gbagbo, n’y ont pas réussi. Bien au contraire, ils se sont tous transformés en témoins à décharge en faveur du président Laurent Gbagbo au grand désarroi de la procureure et de Ouattara.

 

En d’autres termes, après 74 témoins à charge publiquement entendus, le dossier est vide. De plus, au terme de la dé- position du médecin légiste hélène Yapo Etté, la Chambre de Première Instance I qui juge le président Gbagbo a laissé planer le grand doute sur la poursuite de ce procès « Nous allons vous communiquer par voie de décision, en temps utile, la suite de ce procès. Nous allons rendre notre décision sur la suite du procès ». De par cette déclaration, le juge président de la Chambre laisse clairement entendre qu’il y a des décisions à prendre sur la déposition ou non des té- moins en faveur du président Laurent Gbagbo. La question est d’autant plus pertinente que le monde entier est aujourd’hui convaincu que si ce procès n’est pas écourté pour envisager la libé- ration du président Gbagbo, ses témoins dont la liste reste pour l’instant secrète risquent de détruire le peu de crédibilité qui reste à la CPI. C’est dans cette volonté de voler au secours de la CPI qu’il faut également ranger la demande de la nouvelle Association de démocrates issus de l’Afrique digne, des avocats et des ambassadeurs, qui ont saisi la Cour pour demander l’arrêt du procès et la libération du président Gbagbo.

 

C’est au moment où les témoins à décharge vont prendre la relève que des avocats et un ancien ambassadeur introduisent une demande d’autorisation de présenter une requête aux fins d’annulation de la procédure. La démarche de ces démocrates africains constitue assurément une bouée de sauvetage pour la CPI qui pourrait saisir la balle au rebond. Car si l’occasion est effectivement donnée aux té- moins de la défense, dont certains ont été des acteurs du complot international contre le président Gbagbo et son ré- gime, ils pourraient sonner le glas de la CPI. Déjà au moment où la procureure épuisait la liste de ses témoins à charge, les informations annonçaient de hauts gradés de l’armée française qui ont joué un rôle de premier plan dans la crise ivoirienne et un ancien ambassadeur de la France près la République de Côte d’Ivoire, comme faisant partie de ceux qui auraient accepté de témoigner en faveur de Gbagbo. Et si, à ceux-là, s’ajoute l’ancien président sud-africain Thabo MBeki, l’ancien émissaire de l’Union africaine dans l’élection ivoirienne, le Premier ministre togolais Joseph Kokou Koffigoh et d’autres personnalités insoupçonnées, que deviendra la CPI après ce sale procès organisé dans la combine entre Nicolas Sarkozy, Alassane Dramane Ouattara et Luis Moreno-Ocampo, procureur au moment de faits, comme l’a démontré le journal français en ligne Médiapart ? De toute évidence, tout plaide en faveur de l’arrêt de ce procès. En tout cas, à travers la déclaration du juge président Cuno Tarfuser, après la déposition du médecin légiste hélène Etté, la CPI semble plutôt bien avoir perçu le message des avocats. Car, dans le cas contraire, en principe, après le passage du dernier témoin de l’accusation, devraient suivre immédiatement ceux de la défense. Mais le juge président, en annonçant « une décision à prendre pour la suite du procès », jette un très fort doute sur la poursuite de ce procès et fait croire que, la preuve de l’existence du «plan commun» n’ayant pas été faite contre Laurent Gbagbo, la possibilité de la libération de l’ancien président ivoirien dans le souci de ne pas bousiller totalement la CPI n’est plus à écarter du revers de la main.

Qui vivra verra .