Interrogé à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny de portBouet à son retour d’Europe où il a passé plus de deux mois, le président de l’Assemblée nationale, Soro Guillaume, avait indiqué qu’il n’y avait aucun nuage sur ses relations avec le chef de l’Etat. un peu plus d’une semaine après, Alassane dramane ouattara a dansé du même pied face aux journalistes qui avaient émis des interrogations sur la même question, à Niamey où il était dans le cadre d’un mini-sommet de la cedeao.

or, tout le monde sait que ni l’un ni l’autre n’a dit la vérité sur leurs rapports au regard des derniers évènements qui se sont produits en côte d’ivoire, à la suite de la découverte d’armes au domicile de Soul to Soul, et qui a occasionné l’arrestation du proche collaborateur de Soro. cependant, la confirmation de la mise sous surveillance par la dSt de trois autres collaborateurs du chef du parlement ivoirien contrarie davantage Soro et ouattara. un document circule sur les réseaux sociaux que ordre a été donné de retirer les passeports de touré Moussa, directeur de la communication du président de l’Assemblée nationale, de Félicien Sekongo, secrétaire général de l’Amicale des Forces Nouvelles, et d’Affoussiata Bamba-Lamine, exmembre du gouvernement d’Alassane dramane ouattara, et porte-parole des Forces Nouvelles sous la ré- bellion.

Les vérités d’Affoussiata

interrogée justement sur la question par RFi, l’ancien ministre de ouattara n’a pas eu les mots tendres pour dénoncer ce quelle considère comme une mesure anormale aussi bien dans la forme que dans le fond. dans la forme, elle indique : «…J’ai vu le document physique qui est un document administratif et non juridique, par lequel, effectivement il est demandé par la direction de la surveillance du territoire de nous mettre en observation… Dans la forme, je n’en ai pas eu notification. Je n’ai pas été informée. D’où ma surprise de constater par voie de presse que j’étais mise en observation ainsi que d’autres personnes. il est pour moi important que ces personnes aient eu notification au préalable». dans le fond, l’ex-porte-parole des FN réagit en ces termes : «il s’agit quand même de liberté fondamentale, notamment la liberté d’aller et de venir, qui est protégée par notre constitution. or là, on demande de nous retirer ces libertés et ces droits sans que le juge d’instruction, qui est le garant des libertés, en soit informé. D’où effectivement ma surprise à ce niveau-là. ce n’est pas normal.

ce n’est pas de cette façon que les choses doivent se faire, et il est important de le dénoncer et donc de le dire». par cette réaction, l’ex-porteparole de la rébellion de ouattara se découvre subitement ses fonctions d’avocate et donc de juriste. Et dénonce ici une mesure arbitraire et dictatoriale à elle appliquée par celui qu’elle adulait hier et pour qui elle, avocate de son état, était devenue rebelle. on ne peut avoir été porte-parole d’une rébellion, qui est par définition le refus de se soumettre au droit et donc à la loi, et dénoncer ce qu’on considère comme contraire au droit. c’est absurde. Mais là n’est pas l’objet de notre article. ce qui nous intéresse ici, c’est que nous observons que la violence introduite dans le jeu politique en côte d’ivoire se retourne aujourd’hui contre ses propres partisans. En ce moment même, où Affoussiata Bamba qui n’a été ministre sous ouattara que pour avoir été rebelle, dé- nonce l’arbitraire du gouvernement du même ouattara, une vidéo circule, dans laquelle des démobilisés, c’est à dire des ex-combattants de la ré- bellion dont elle était la porteparole, sont torturés pour avoir menacé de manifester pour réclamer le paiement de leurs primes de guerre. c’est cette dérive dictatoriale d’Alassane dramane ouattara, son idole d’hier, que la fille de l’opposant Bamba Moriféré dénonce aujourd’hui. Ah que le temps est vraiment l’autre nom de dieu ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alassane dramane ouattara fait aujourd’hui l’unanimité sur la violence qu’il a introduite dans le jeu politique en côte d’ivoire aussi bien au sein de l’opposition que dans ses propres rangs. Qu’un chef d’Etat africain cherche à museler son opposition par la terreur et des mesures antidémocratiques y compris les emprisonnements arbitraires, on peut le comprendre même quand on sait très bien que cela n’est pas normal. Et c’est le président Gbagbo qui le disait : «Quand vous faites la politique en afrique et que vous êtes dans l’opposition, il faut vous attendre à aller en prison sans fondement, malheureusement. il faut donc se préparer moralement à supporter toutes les injustices. Si vous êtes effectivement préparés à ça, vous ne serez jamais ni rancuniers ni revanchards». Mais qu’un chef d’Etat exerce une violence inouïe sur ses propres partisans, de surcroit ceux-là même qui, au prix de leur vie l’ont mis au pouvoir, au point même de les traiter comme ses opposants pour une simple contradiction interne, c’est extraordinaire. Malheureusement, c’est ce à quoi nous assistons sous le ré- gime ouattara.

 

Alassane ouattara a trompé tout le monde

ceci montre que l’image de démocrate doublé de grand économiste pouvant apporter le bonheur au peuple ivoirien qu’il a présentée de lui à la communauté internationale et à tous ceux qui ont cru naïvement en lui quand il a fait irruption sur la scène politique de la côte d’ivoire est fausse.

Alassane dramane ouattara a trompé tout le monde sur sa vraie nature. A la vérité, il prospère dans la terreur autour de lui. Son ambition n’est pas diriger dans les règles de l’art, mais de soumettre par la force. c’est pourquoi il n’accepte aucune contradiction aussi bien au sein de son parti le RdR qu’au sommet de l’Etat. Au RdR, quand ouattara a fini de parler, on se lève.

plus personne n’a le droit de lever le petit doigt. A preuve, au cours du simulacre de congrès que ce parti vient d’organiser, c’est lui qui, sans avoir au préalable consulté qui que ce soit, a dé- signé Henriette dagri diabaté au poste de présidente du RdR, et Kandia camara comme secrétaire générale. cette dernière a même versé des larmes de joie à la suite de sa désignation. tellement elle n’était pas préparée à ça. Au niveau même de l’Etat, l’éviction du gouvernement de Mabri toikeusse et Gnamien Konan, pour avoir présenté des candidats aux législatives autres que ceux proposés par lui, est symptomatique du refus de la contradiction chez ouattara. Mais rien ne devrait surprendre les ivoiriens, longtemps avertis par le président Laurent Gbagbo. Qui avait indiqué que ouattara ne disait pas la vérité sur ce qu’il était réellement et que ceux qui combattaient pour lui allaient le regretter. Les faits lui donnent raison.

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