L’habitude, une seconde nature

L’habitude, une seconde nature

Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). C’est certes une plate-forme politique depuis mai 2005. Mais ce groupement politique qui rassemble les formations politiques qui se reconnaissent dans l’Houphouetisme, notamment le Pdci de Henri Konan Bédié, le Rdr de Ouattara et l’Udpci de Mabri Toikeusse, etc., va dans quelques mois se muer en un parti politique dit parti unifié. Toujours en gardant la même dénomination. son symbole est connu : le Bélier. ses couleurs sont également connues : «le blanc, le vert et l’orange, comme celles du drapeau national».

 

Tout parti politique ou groupement politique est libre des choix de son symbole et de ses couleurs. C’est justement ce qu’a fait le futur parti unifié. Jusque-là, il n’y a pas de problème. Mais le choix des couleurs opéré par le Comité de haut niveau et validé par les deux grands du Rhdp entre malheureusement en conflit avec la «loi n°2000-514 du 1er août 2000 portant code électoral telle que modifiée par les lois n°2012- 1130 du 13 décembre 2012, n°2012-1193 du 27 décembre 2012 et n°2015-216 du 02 avril 2015». C’est-à-dire le code électoral en vigueur depuis 2015. En effet, selon ce code électoral, «l’utilisation combinée des trois couleurs du drapeau national est proscrite.» «Chaque candidat doit indiquer: La circonscription électorale retenue, le cas échéant, la couleur, le sigle et le symbole choisis pour figurer sur le bulletin de vote; L’intitulé de la liste, s'il s'agit d'une liste de candidats. La couleur du bulletin de vote doit obligatoirement être différente de celle des cartes électorales ainsi que de celle choisie par les candidats», indique l’article 25 de ce document. Quand on sait que le parti unifié qui va naître bientôt a pour couleurs «le blanc, le vert et l’orange», on se demande avec quelles couleurs les candidats du Rhdp iront aux consultations électorales de fin 2018 et 2020. «L’utilisation combinée des trois couleurs du drapeau national est proscrite.

 

Est également proscrite, l’utilisation des armoiries de la République ou de la collectivité territoriale concernée par l'élection, sous quelque forme que ce soit. Plusieurs candidats ou listes de candidats d'une même circonscription électorale ne peuvent avoir ni le même intitulé, ni le même sigle, ni le même symbole, ni la même couleur sur le bulletin unique», pré- cise l’article 26 du code électoral. Dès lors, il est clair qu’avant même sa naissance, le parti unifié viole déjà le code électoral que tout parti politique intéressé par les élections se doit de respecter scrupuleusement.

 

L’habitude, une seconde  nature

 

En tout état de cause, les animateurs de ce nouveau régime regroupés au sein du Rhdp ont habitué les Ivoiriens et même le monde entier au non-respect des règles établies.Il est aujourd’hui établi que Ouattara est un abonné de la violation des lois de la République.Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. La preuve : Ouattara est resté à la tête de son parti le Rdr, durant tout son premier mandat et même une bonne partie du second, alors que la Constitution ivoirienne de 2000 en son article 54 stipule que «Les fonctions de Président de la République sont incompatibles avec l'exercice de tout mandat parlementaire, de tout emploi public, de toute activité professionnelle et de toute fonction de dirigeant de parti politique.» De même, selon l’article 55 de la loi fondamentale «Lors de son entrée en fonction et à la fin de celle-ci, le Président de la République est tenu de produire une déclaration authentique de son patrimoine devant la Cour des Comptes…». Cette disposition n’a jamais été respectée par le chef de l’Etat. Les exemples en la matière sont légion.Il n’est donc pas surprenant que le régime se comporte de la sorte