Ouattara sème la misère

Ouattara sème la misère

Misère ambiante à port-Bouët-abattoir,Cocody-Danga, riviera palmeraie. yopougon Konan Ferrand. elle est là. présente. têtue. implacable. Le spectacle est affligeant,humiliant, désolant, palpable,visible. Sur les visages de ces populations, la détresse. Leurs regards sont désespérés à travers leurs logis d’infortune : cimetière municipal à port-Bouët, débris de béton et amas de n’importe quoi à Cocody-Danga, salles de classe et abris de fortune à la riviera palmeraie, espace vert à yopougon.

Leur sort ressemble à la nouvelle devise de ce pays dont le chef actuel

s’est fait installer en «président-solutions» et au nom desquels il a, sciemment,torpillé la démocratie, en promettant, mensongèrement,de propager la justice pour tous. rien à faire pour ces milliers de citoyens lâchement expulsés de leurs logements pour les uns, victimes de catastrophe naturelle qu’on aurait pu éviter pour les autres.rien à faire, pour ces familles qui n’ont qu’à se résigner.Vide total. rien à

boire ni à manger. A port-Bouët-abattoir, par exemple,les senteurs lointaines du méchoui des étals du goudron alignés effleurent les narines des déguerpis. une véritable provocation. Leur histoire fait pitié.

A Cocody-Danga, ils seraient là depuis très longtemps. plusieurs générations ont même donné des cadres à ce pays. A port-Bouët, les baraquements d’infortune ne seraient apparus lorsque

des politiciens manipulateurs les y auraient installés,

pour s’en servir dans la conquête de la municipalité

dont ils dépendent administrativement.

 

Dans tous les cas, au-delà de toutes ces considérations, les emplacements appartiendraient à autrui. Donc, ils doivent

vider les lieux. De gré ou de force. «Le plus dur, c’est de

regarder sa femme et ses enfants souffrir en silence

pour une faute qu’ils n’ont pas commise. Le gouvernement

dit avoir dégagé de l’argent pour nous venir en aide. On attend toujours»,soupire Pierre K. et Soueïlman Diarra d’ajouter : «Ce sont les propriétaires des maisons qui vont bénéficier de ces dons. C’est de la pure injustice ! Mais je suis confiant : Dieu ne laissera

pas ça comme ça».

Soucis financiers, difficultés morales, confrontation à un système débordé, pression,stigmatisation. «Puisque la valeur première dans notre pays c’est le travail, si tu perds ton job, tu perds également ton statut social.

Nous faisons partie des moutons noirs de la société,les boucs-émissaires de l’économie de marché prôné par ce régime. Comment pouvons-nous être logés décemmentquand nous n’avons pas d’emploi», regrette

Birahima F.

A Cocody, port-Bouët, riviera,yopougon, ils ne faisaient que déverser toute leur colère sur les autorités qu’ils accusent de tout. une véritable diatribe contre l’injustice et le sort réservé aux pauvres de ce pays. personne n’échappe à leur implacable réquisitoire.Premier accusé : le chef de l’etat qui avait promis le bonheur.

 

Alassane ouattara a fait un tour à la riviera palmeraie.un petit tour et puis s’en va.Gon Coulibaly a été contraint à un arrêt forcé à Cocody Danga. ils ont déroulé la rhétorique mémorisée,promis, encore promis,

toujours promis. Face aux sinistrés, ils ont usé de sincérité

artificielle dans un exercice convenu qui ne peut sublimer l’exercice médiatique.

parce que jusqu’à ce jour, rien n’a bougé sauf curer les caniveaux et faire le vide complet.en moins de six mois, la Côte d’ivoire a offert au monde entier un spectacle indigne que même les pays souffrant de famine, les pays en conflit prolongé,n’ont pas encore proposé.

par la faute d’un régime qui ne pense qu’à mentir au peuple. pourtant le chef,Alassane ouattara, n’a cesse de répéter qu’il dirigeun pays où tout va bien.

«Le Programme national de développement 2016-2020 vise une meilleure redistribution des fruits de la croissance. 

A cet égard, nous allons, dès cette année 2016, lancer un programme de soutien aux personnes les plus défavorisées, pour leur permettre d’avoir accès aux services sociaux de base pendant qu’elles sont à la recherche d’une activité rémunératrice. Nos réformes

sociales et économiques profitent chaque jour à un

nombre de plus en plus élevé d’Ivoiriens» ( Message

à la nation du 31 décembre 2015). parole, parole,

comme le psalmodiait l’artiste française Dalida.

 

Gbagbo avait vu juste

 

Dans les etats modernes et démocratiques, l’Homme est au-devant de toute politique de développement. en Côte d’ivoire, l’autosatisfaction

des autorités ivoiriennes ne peut cacher la misère de la plus grande majorité de la population, livrée à elle même et dont le pouvoir

d’achat n’existe que dans les esprits. Le sondage d’opinion réalisé par l’observatoire ivoirien des droits de l’homme (oiDH) montre à quel point les ivoiriens sont extrêmement déçus par le régime ouattara. pourtant

le candidat Alassane ouattara avait promis, pendant la campagne électorale pour la présidentielle de 2010 - et consigné dans le contrat social du rDr - de faire de la lutte contre la cherté de la vie sa priorité

première. Huit ans après, c’est le désarroi total. Malgré

tous ces discours d’auto-satisfaction débités à longueur de journée sur la relance économique, l’amélioration du taux de croissance économique, le recul de l’incidence de la pauvreté,les ivoiriens n’en perçoivent pas l’impact réel sur leur quotidien. «Quand on dit qu’avec gbagbo, on s’en sortait bien, il y a des gens qui pensent que c’est une affaire de politique. Depuis que Ouattara est au pouvoir,

on souffre. Il n’y a pas de travail, il n’y a pas d’argent.

tout augmente comme si on n’était pas dans un pays qui

a ses règles. C’est la souffrance tous les jours. et

maintenant, on casse nosmaisons, nos seuls biens»,

nous confie Bernard K. déguerpi de yopougon. Le

comble du ridicule, selon lui, c’est que la cherté de la

vie frappe aussi bien le milieu rural que le milieu urbain.

«Autrefois, nos parents au village nous demandaient

de venir chercher de la nourriture au village pour faire des économies.

Aujourd’hui, ce sont ces mêmes parents qui

nous supplient de leur envoyer de l’argent pour qu’ils

puissent survivre. Or nous mêmes qui sommes en ville,

nous souffrons déjà de manque d’argent. Donc, la

situation est devenue compliquée », commente-t-il.

Alassane ouattara est allergique à la critique. un iman

s’insurge-t-il contre une majoration

du cout du hadj qu’il est jeté en prison. pourtant

depuis qu’il a été parachuté à la tête de ce pays, la pauvreté

est devenue une réalité.

et les citoyens de ce pays lui font comprendre

qu’ils ne peuvent plus suivre ce train de vie qui les

étouffe. Doit-on aller en prison pour avoir simplement

plaidé une cause juste ?

Doit-on être méprisé parce qu’on aurait demandé de

respecter une parole donnée ? Doit-on instrumentaliser

la justice pour diviser

des partis politiques ?

 

Dans la Côte d’ivoire de ouattara

cela est permis. Vraiment Gbagbo avait raison !

 

LIRE AUSSI; LE VISAGE HIDEUX DE L’INÉGALITÉ SOCIALE DANS LA CÔTE D’IVOIRE D’ALASSANE OUATTARA

 

 

Les revers du permis de tuer

Les revers du permis de tuer

un jeune étudiant partisan de Guillaume Soro, ancien patron

de la rébellion qui a fortement contribué à installer Alassane ouattara au pouvoir en portant le glaive dans le sein de la mère-patrie,

a été tué le 7 juillet dernier,à Korhogo (Nord), au cours d’un meeting qui a tourné au drame. Ses camarades accusent les partisans

du premier ministre Amadou Gon Coulibaly. et

plusieurs observateurs de la vie politique croient voir

dans cet homicide le résultat de la guerre de succession

au sein du rassemblement des républicains que

se livrent Alassane ouattara à travers son premier ministre,

et son ancien dauphin constitutionnel, Guillaume

Soro, président de l’Assemblée nationale. une fin tragique

pour ce jeune, Soro Kognon, poignardé et qui

gisait dans son sang, ce matin-là.

L’indignation et la levée de boucliers ont été visiblement

circonscrites dans le camp de Guillaume Soro

dont les partisans ne décolèrent plus contre ceux à

qui ils ont offert un permis de tuer impunément, et

qu’ils qualifient aujourd’hui «d’ingrats». Hier, ils étaient

les mains armées pour porter la mort dans le camp de

Laurent Gbagbo. ils demeurent silencieux quand

des ivoiriens perdent la vie en exil. ils restent bouches

cousues quand des familles entières se meurent parce

que leurs avoirs sont séquestrés par le régime sanguinaire

avec lequel ilspartagent les crimes. ils restent insensibles aux

drames des populations brûlées et massacrées

dans leur sommeil, à Anokoi-Kouté, à Nahibly, à Guitrozon,

au Mont péko, etc.

Les ‘’microbes’’, leurs enfants soldats, requalifiés «d’enfants en indélicatesse avec la loi», donnent la mort à tout bout de champ

dans les rues d’Abidjan sans qu’ils se sentent

concernés. Des commerces de petits débrouillards

sont saccagés, des maisons de pauvres indigents

sont détruites pour offrir le terrain à construire à des fortunés, ils ne bronchent pas. Alors, enfin de compte, le régime ouattara

a bien compris : il a obtenu le permis d’éliminer des

mains et des coeurs d’une catégorie d’ivoiriens. A présent,

il peut expérimenter l’expertise sur ceux qui lui

ont attribué le parchemin. Jusqu’à une prise de

conscience salvatrice.