« Là où est le danger, là est ce qui sauve »

(Friedrich Hölderlin)

 

Le Rassemblement des Républicains (RDR), a été créé le 27 septembre 1994. Dès sa création, ce parti a cherché à diviser les Ivoiriens par une victimisation grotesque et imaginaire. A la tribune de la clôture du troisième congrès du RDR, le président Ouattara rappelait à ses militants qu'ils devraient regarder dans le rétroviseur pour voir d'où ils venaient. Selon lui,son parti venait de vaincre des années de pouvoir autocratique, avec des abus de droit et de pouvoir, une instrumentalisation constante des institutions de la République à des fins politiques. Toujours selon lui, cela s'est traduit par des répressions violentes pour délit de faciès, de patronyme, d'opinion, d'appartenance au RDR et de soutien à sa personne. Mais une fois au pouvoir, le Président Ouattara et ses amis ont commencé par détruire les bases d’une république normale pour construire une république ethnique. Pour occuper un haut poste dans l’administration, il faut être du bon parti, de la bonne ethnie, porter le bon nom et pratiquer la bonne religion. A la gendarmerie, à la Police, à l’INFAS, à l’INJS, à l’ENA, bref, dans tous les concours organisés par l’Etat, ceux qui réussissent sont originaires d’une seule partie du pays. C’est la singulière citoyenneté qui a désormais droit de cité au pays de Felix Houphouët Boigny. Elle découle tout naturellement de l’idéologie du « rattrapage ethnique » du président actuel. Notre pays ne serait pas composé d’un seul PEUPLE, mais plutôt de plusieurs, plus précisément, d’un conglomérat de groupes ethniques. En fait, il s’agit là d’une cristallisation, tout bonnement, du phénomène tribal en Côte d’Ivoire, par le pouvoir. C’est une vision essentiellement conservatrice et rétrograde de la société ivoirienne. Elle n’a rien à voir avec la pensée des véritables pères fondateurs de la nation ivoirienne. Alors que la loyauté citoyenne apparaît fortement menacée par la multiplication d'allégeances fondées sur des appartenances singulières, le concept d'ethnicité ne bénéficie pas d'un préjugé favorable dans le champ intellectuel ivoirien. La raison est simple. La république est un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou par l'intermédiaire de représentants élus. Ceux-ci reçoivent des mandats pour une période déterminée et sont responsables devant la nation.A l'aune de l'opinion commune, la république actuelle dans notre pays supposerait que l'on se range à une conception «communautariste» de l'organisation sociale, opposée à notre tradition nationale pour laquelle n'existe qu'un lien direct entre l'Etat et le citoyen.

La Nation ivoirienne est, et a toujours été, une construction idéologique et politique. Cela signifie qu'elle a toujours été construite sur un but, un dessein, soucieuse de sa destination plus que de l'origine deses composantes. Dans une Afrique extrêmement marquée par le fait ethnico-culturel, la Nation ivoirienne a toujours été un train qu'on pouvait prendre en marche, d'où sa capacité d'assimilation hors du commun. Elle a été la patrie de la raison triomphante et de l’hospitalité. On sait donc par opposition ce qu'elle n'est pas : une nation ethnique. C'est à dire une nation liée uniquement par le sang, par le temps qui crée les habitudes, donc les rites et qui vit de la mémoire de ses racines, de ses combats, de ses propres mythes unificateurs, sans nécessité autre que de continuer à être et à permettre à ses membres de vivre ensemble, par goût et par intérêt. Sous le régime RDR du président Ouattara, on observe chaque jour des dérives autocratiques. En définitive, c’est bien le parti RDR qui est très dangereux pour notre pays. C’est la raison pour laquelle, les ivoiriens, dans leur ensemble, doivent tout faire pour que ce parti arrête de démolir notre république. Ce parti est à son dernier mandat et jamais il ne reviendra au pouvoir car sa dangerosité est connue de tous.

 

Une contribution de PRAO YAO SÉRAPHIN