Le témoin 601, le professeur Até Kloosterman, expert en ADN d’origine néerlandaise, était le nouveau témoin du procureur ce lundi à la Cour pénale internationale dans l’affaire Laurent Gbagbo et Blé Goudé contre Fatou Bensouda.

Interrogé par la défense concernant les victimes de la marche des femmes à Abobo le 3 mars 2011, l’expert en ADN a blanchi les accusés en affirmant qu’il n’y avait aucune trace de sang sur les habits des victimes.

En effet, questionné sur l'analyse d'un tee shirt d'une présumée victime de la marché des femmes d’Abobo le 03 mars 2011, transmis au NFI (institut médico-légal des Pays Bas) par les enquêteurs de la CPI pour analyse et trouver des traces de sang, il a conclu dans son rapport après examen de l’échantillon, qu'il y en avait pas. Tous les tests se sont avérés négatifs. Aucune trace de sang trouvée selon lui.

 

«Nous avons fait des tests pour déterminer s'il y avait des traces de sang, nous avons des taches suspicieuses sur le tee shirt et nous avons effectué des tests pour déterminer si c'était du sang et tous les tests étaient négatifs», a déclaré le professeur Kloosterman.

Autrement dit, le rapport de l’expert disculpe scientifiquement et de façon irrévocable le Président Laurent Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goudé sur la repression de la marche des femmes d’Abobo, un des points importants soulevés par l’accusation contre les accusés.

L'analyse d'un des tee shirts est comme on l’a vu aujourd’hui, sans appel. Il n’y a aucune trace d'ADN sur cet habit qui appartient pourtant à une des victimes selon la procureure Fatou Bensouda. Le sang trouvé est donc d’origine animal. Ce pourrait être du sang de bœuf utilisé lors de la marche pour simuler une répression sanglante par les forces de défense et de sécurité fidèles au Président Laurent Gbagbo et les accuser de crimes de sang. La thèse du procureur s’effondre avec cette expertise du professeur Kloosterman et de ses collègues.

 

Autre anomalie mise à nu par le rapport du professeur néerlandais, spécialiste en ADN à l'institut medico-légal des Pays Bas (NFI, ndlr), le tee shirt censé appartenir à une des victimes d'abobo est en réalité celui d'un autre corps, lequel aurait rendu l'âme il y a de nombreuses années.

En définitive, l’interrogatoire de l'expert sur un rapport d'analyse ADN de 16 victimes non identifiées et des échantillons de 12 parents de 6 portés disparus en rapport avec la marche des femmes à Abobo du 3 mars 2011, a permis de mettre en lumière une vaste escroquerie de l’accusation tendant à faire croire qu’une repression sanglante avait eu lieu à Abobo le 03 mars 2011 concernant une marche de femmes proches du RDR d’Alassane Ouattara.

Cette thèse du procureur Fatou Bensouda vient de voler en éclat ce lundi 29 mai 2017.

Le Président Laurent Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goudé se rapprochent de plus en plus de la porte de sortie.

 

Michèle Laffont

Correspondante permanente aux Pays Bas