L’an 2018 constitue pour les Ivoiriens Laurent Gbagbo et Blé Goudé, en jugement devant la chambre de première instance 1 de la Cour pénale Internationale (CPI), une année où s’ouvre pour eux une nouvelle page. Celle de la délivrance de l’anxiété et de la peur qui pouvaient les habiter quand défilaient à la barre tous les témoins « à charge » appelés par le procureur de CPI, dont certains étaient des proches collaborateurs des accusés tels que Sam l’Africain, les généraux de l’armée de Côte d’Ivoire Guiai Bi Poin, Detho Letho, Bredou M’bia, Kassaaraté Edouard et Philippe Mangou.

Les proches des deux accusés retenaient leur souffle quant aux révélations que pourraient faire ces « sachants » de la crise ivoirienne et qui pourraient clouer au pilori Laurent Gbagbo et Blé Goudé, selon que Fatou Bensouda avait déclaré, à l’ouverture du procès en janvier 2016, qu’elle fera défiler des sachants, des responsables de l’armée, qui vont prouver la responsabilité et culpabilité de l’ex-président et de son ministre dans la commission des crimes contre l’humanité perpétrés contre des populations « civiles » lors de la crise post-électorale.

Les deux premières années du procès tant attendu, on peut l’imaginer, n’ont pas été aisées pour les accusés et leurs conseils respectifs. 

 

Que vont dire les témoins ? 

Quelles révélations vont-ils faire qui pourraient compromettre Laurent Gbagbo et son co-accusé ?

Comment les contrer ? 

Rien qu’à voir l’activisme de leurs partisans pour comprendre l’anxiété qui les habitait. A la fin, on peut dire qu’ils s’en sont bien sortis. Les principaux témoins à charge se sont transformés en témoins à décharge. Même l’ex-porte-parole du RDR (parti d’Alassane Ouattara), Joël N’guessan, qui s’est présenté à la barre, n’a pu prouver la responsabilité des accusés dans les crimes qui leur sont reprochés. Laurent Gbagbo et Blé Goudé s’en sortent, au moment où Bensouda n’a qu’un seul témoin à citer à la reprise du procès ce mois de janvier, plus innocents que coupables.

En 2018, l’Accusation laissera place à la Défense qui va appeler ses témoins à la barre. Logiquement ces témoins sont à décharge, pour démontrer l’innocence des accusés vis-à-vis des charges retenues contre eux. Et nul doute que les avocats ont choisi des personnes qui vont becs et ongles tenter de blanchir leurs mentors. Mais ça sera sans compter avec l’Accusation qui leur mettra forcément les bâtons dans les roues. Néanmoins, pour Laurent Gbagbo et Blé Goudé, ce sera moins tendu que les deux précédentes années. Ils seront un peu plus détendus, en espérant la liberté conditionnelle que réclame l’ex-président. L’on verra certainement un Laurent Gbagbo et Blé Goudé plus hilarants ou peut-être en larmes quand ils verront des vidéos des tueries subies par leurs partisans pendant la crise post-électorale.

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