Dans une déclaration adressée aux Ivoiriens, le mercredi 8 mars dernier, Alassane Ouattara s’est offusqué contre les enlèvements et assassinats tragiques qui ont cours depuis un moment en Côte d’Ivoire. Il s’est également élevé contre les actes d’incivisme qui se manifestent par la destruction des édifices publics, notamment les attaques contre les symboles de l’Etat dont les commissariats et brigades de gendarmerie à Soubré, Blolé- quin et à M’Bahiakro.

Ces actes ignobles d’une autre époque digne de la jungle ne sont pas nouveaux dans ce pays. Ils sont devenus récurrents depuis que la Côte d’Ivoire a connu la guerre, notamment depuis que ceux qui ont envoyé la guerre dans ce pays ont été installés au pouvoir d’Etat par la France de Sarkozy.

 

Ainsi, depuis 2011, les Ivoiriens vivent dans la psychose. Si ce ne sont des enlèvements et assassinat crapuleux d’enfants qui troublent leur sommeil, ce sont les ‘’microbes’’ qui les découpent à la machette et au couteau. Ces derniers bourreaux sont des enfants soldats qui ont fait la guerre pour Ouattara et qui ont été laissés pour compte dans la nature. de toute vraisemblance, ils se vengent de nos gouvernants qui ont gâché leur avenir en perpé- trant des actes d’assassinat à visage découvert.

 

D’ailleurs, pour se donner bonne conscience, le gouvernement Ouattara les traite d’ «enfants en conflit avec la loi» pour espérer atténuer les crimes dont ils se rendent coupables. Ces derniers temps, ces actes ignobles interviennent à un rythme effréné au point que le chef de l’Etat Alassane Ouattara est monté au cré- neau pour taper du poing sur la table.

 

Normal pour un chef d’Etat préoccupé par la sécurité de ses concitoyens. Mais le problème ici en Côte d’Ivoire, c’est que ceux qui sont au pouvoir sont ceux-là même qui ont envoyé la guerre dans ce pays. Laquelle guerre est la source de tous ces actes d’assassinat et autres actes d’incivisme. Cela pose donc le problème de crédibilité du discours. En clair, Alassane Ouattara, le père de la guerre faite à la Côte d’Ivoire, est-il la personne indiquée pour dénoncer ces actes ignobles décriés par tous ?

 

Le chef de l’Etat est-il sûr qu’il peut être écouté surtout par les auteurs de ces actes criminels d’une autre époque quand il dit : «Il ne doit plus jamais y avoir de cas de Bouba en Côte d’Ivoire» ? Bouba est cet enfant innocent qui ne demandait qu’à vivre et à qui un criminel a ôté la vie pour des rituels sacrificiels. Sous ce ré- gime, on ôte la vie pour n’importe quoi. dans un tel esprit, Alassane Ouattara pense-t-il vraiment, dans son for-inté- rieur, être entendu par les auteurs de ces crimes générés par sa guerre de 9 ans livrée contre la Côte d’Ivoire ? Pense-t-il que les Ivoiriens qui ont été les grandes victimes de sa guerre puissent vraiment prendre au sérieux ce qu’il dit ? Nous ne le croyons pas.

 

A preuve, à peine a-t-il fini de taper du poing sur la table que le samedi qui suit, une jeune fille est enlevée à Yopougon-Niangon. Comment peut-il en être autrement quand on sait le nombre de victimes sauvagement assassinés par les rebelles à la solde de Ouattara ? Les cas les plus édifiants, dont les images parcourent le monde, sont les gendarmes arrêtés et désarmés avant d’être égorgés et jetés dans des fosses communes à Bouaké au début de la rébellion, et celui du génocide Wê à duékoué où, en une seule journée, plus de 800 civils Wê ont été massacrés par les rebelles de Ouattara. Comment le père d’une rébellion, auteur de tels crimes, peut-il parvenir à faire arrêter des assassinats visiblement perpétrés par ses combattants de son ex-rébellion qui y ont pris goût ? C’est utopique d’y croire. Il en est de même pour les actes d’incivisme et les attaques contre les symboles de l’Etat.

 

On ne peut pas avoir été le père d’une rébellion qui a mis la Côte d’Ivoire en lambeaux et se comporter en donneur de leçon de civisme, la rébellion étant le summum de l’incivisme dans un Etat. Or, justement en Côte d’Ivoire, il est de notoriété publique que l’ex-ré- bellion de Ouattara a détruit tous les symboles de l’Etat dans toutes les villes dans la zone Centre, Nord et Ouest (CNO). Le politologue français Edgar Pisani disait : «Quand on est au pouvoir, il faut agir en ayant en idée qu’un jour on sera dans l’opposition. Et quand on est dans l’opposition, il faut agir en ayant en idée qu’un jour on peut être au pouvoir». Comme pour dire qu’en politique, on récolte aussi ce qu’on sème. Pour n’avoir pas compris cela, Alassane Ouattara est aujourd’hui rattrapé par tous les crimes qu’il a semés pour s’emparer du pouvoir. Et ce sont les Ivoiriens qui continuent d’en souffrir.