Dans le domaine de la sexualité, nous rappelle le sexothérapeute et psychothérapeute Alain Héril, la projection est un comportement dangereux : ne donner à l’autre que ce que l’on aime(rait) recevoir est souvent source de malentendus, de frustrations ou de conflits.

Du côté de l’homme
Sans tomber dans les généralités, sexologues et chercheurs s’accordent pour reconnaître que la sexualité de l’homme est visuelle, centrée sur son sexe et plutôt pulsionnelle. De ces caractéristiques, qui sont ultérieurement modifiées car personnalisées par l’histoire de chacun, découlent des comportements qui peuvent provoquer incompréhension ou conflit.

 

Une excitation d’abord visuelle. À vous de tester ce qui déclenche le désir de votre partenaire. Quelle mise en scène ? Quelle érotisation du corps ? Quels souvenirs ou images ?Une anxiété focalisée sur son sexe. Et qui consomme une grande partie de son énergie psychique. D’où un comportement souvent « sexo-centré » que vous pouvez prendre pour de l’égoïsme, ou un côté un peu primaire qui peut être l’expression de son anxiété. À vous, aussi, de le sécuriser avec vos mots et vos gestes.

Une production d’hormones sexuelles en continu. Autrement dit, de testostérone. Les hommes sont donc, plus que les femmes, soumis à la pulsion. Ce qui entraîne malentendus et querelles sur le thème « tu n’as jamais envie » versus « ce n’est pas le moment ». Pourquoi, de temps en temps, ne pas répondre aussi à la pulsion ?

 

Du côté de la femme
On vous épargnera les banalités sur la femme plus sensuelle et plus tendre que l’homme. Mais on ne peut négliger tout à fait la dimension émotionnelle de la sexualité féminine. Et son importance dans la complexe et subtile mécanique du désir.Une réceptivité aiguë au climat émotionnel. Et au contexte affectif. Ainsi, lorsque le désir semble émoussé ou absent, il peut être utile d’interroger le climat relationnel et affectif. Comment prenez-vous soin de l’intimité de votre couple ? Êtes-vous suffisamment à l’écoute ? Soutenez-vous assez votre partenaire ?

Un désir en miroir. C’est-à-dire la tendance des femmes à désirer plus intensément lorsqu’elles se sentent désirées. Mais encore faut-il que ce désir exprime « j’ai envie de toi » et non « j’ai envie de faire l’amour ». Savez-vous faire passer ce message ?Une différence entre orgasme et jouissance. Atteindre le point culminant du plaisir n’est pas forcément le signe que la jouissance sexuelle a été au rendez-vous. Celle-ci est plus large, elle comprend une satisfaction physique, psychique et sensuelle. Elle se traduit par un abandon complet du corps et de l’esprit.
Source : psychologies
08/06/2014