Calmement et sereinement, le général Firmin Détoh Létho s’est évertué, courageusement, à ré- tablir la vérité là où le général Philippe mangou a tenté de souiller l’image du président Gbagbo et du ministre Blé Goudé. Entre autres faits, le gé- néral mangou, chef d’état-major de l’armée au moment des faits, avait tenté de mettre dans la tête de ses frères d’armes des choses graves. Par exemple, parlant des munitions réclamées par l’état-major pour résister, Détoh a révélé que mangou leur disait que le président Gbagbo demandait aux géné- raux « d’aller voir Blé Goudé ».

 

Ne pouvant pas se donner de lui-même un rôle dans la thèse du « Plan commun monté par Gbagbo pour se maintenir au pouvoir », mangou voulait, par ce gros mensonge, faire germer dans l’idée de ses collaborateurs généraux, membres de l’état-major des armées, l’existence d’une organisation criminelle au service du président Gbagbo et dirigée par Blé Goudé. « Faux ! » a rétorqué le général Détoh Létho, « Blé Goudé n’a jamais pris part à aucune de nos réunions. Son nom n’a jamais été évoqué dans nos réunions à l’état-major. Et jamais il n’a livré de munitions à personne » a indiqué, en substance, l’ex-commandant de l’Armée de terre et chef des opérations à Abidjan. Autre fait, Philippe mangou, en dépit de sa position, n’a jamais vu les militaires français se mêler de la guerre au profit des rebelles de ouattara. Faux aussi ! Car, le général Détoh Létho a rétabli la vérité : « Du Golf Hôtel où je me suis rendu pour que la guerre cesse, j’ai participé à des réunions avec les pilotes français qui ont bombardé les camps militaires sont partis de là-bas ».

 

Détoh a même dit avoir assisté à une réunion préparatoire de ces attaques au cours de laquelle il a dissuadé les pilotes français de bombarder l’ancien Camp militaire d’Akouédo, au risque de dé- truire le village d’Akouédo qui abrite plus de 3 000 âmes, mais dont les conseillers militaires de ouattara réclamaient le bombardement ! Il ne restait plus à Détoh Létho qu’à démontrer qu’ « au plan technique, il est impossible de tirer un obus du camp de la gendarmerie d’Abobo sur le marché Siaka Koné, d’abord parce que la distance qui sépare les deux endroits est trop importante, et ensuite parce que l’obus aurait détruit tous les immeubles entre les deux endroits ». Et le commandant de l’armée de terre l’a fait avec aisance, concluant que, parce que personne n’a tiré d’obus sur ce marché, « on ne trouve aucune trace d’obus dans ce marché après la guerre ! ». Tout comme le général Detho a insinué, que non seulement il n’avait jamais été informé d’une marche des femmes d’Abobo, mais que les FDS ne pouvaient s’y trouver parce qu’ils avaient des problèmes de ravitaillement aussi bien en nourriture qu’en armements. or sur ces questions le général mangou avait balbutié.

 

Lui qui était pourtant chef d’Etat-major au moment des faits. Enfin là où le général mangou évitait de parler de rebelles, le général Détoh Létho a courageusement dénoncé le bureau de la procureure Fatou Bensouda qu’il a accusé « d’avoir harcelé les FDS, l’armée régulière, sans jamais orienter aussi ses enquêtes du côté des rebelles qui nous ont attaqués !». De toute évidence, le témoignage du général Détoh Létho a été d’une importance capitale sur le chemin de la libération du président Gbagbo et du ministre Blé Goudé. Ce témoignage a fait passer l’ancien Com’Terre du statut de « fuyard et traître » que lui reprochaient ses frères d’armes et les patriotes Ivoiriens quand il a rejoint en catimini ouattara au Golf, au statut de héro depuis son témoignage à la CPI.

Detho Letoh, un héro

 

En fait, quand le général Détoh Létho a rejoint le camp de la ré- bellion à l’Hôtel du Golf, au temps fort de la guerre, les Ivoiriens l’ont traité de tous les noms. Ils l’ont surtout traité de général fuyard et de traitre. Et ils avaient raison, dans la mesure où commandant de l’Armée de terre et chef des opérations d’Abidjan qu’il était, personne ne l’avait imaginé abandonnant la lutte pour rejoindre le camp de l’ennemi au moment même où les Ivoiriens avaient le plus besoin de lui.

 

Dès lors La dé- ception était surtout à la hauteur de la confiance que le président Gbagbo avait placée en lui depuis 2002. Car, le soldat Détoh méritait bien cette confiance. En effet, lorsque la Côte d’Ivoire a été attaquée par les rebelles de ouattara en 2002, le colonel Détoh Létho avait fait partie officiers militaires qui s’étaient distingués dans leur courage dans la défense de la Nation. C’est ainsi que le président Laurent Gbagbo lui avait confié le front ouest. C’est son équipe qui avait fait arrêter la progression de la rébellion au niveau de Bangolo où passait la ligne de non-agression. C’est en reconnaissance de son mérite que le président Gbagbo l’avait nommé préfet militaire de Dué- koué pour assurer la défense des populations en les rassurant de sa présence dissuasive. Et quand le colonel-major mangou a été nommé chef d’étatmajor en lieu et place du général Doué qui, en novembre 2004, avait rejoint la rébellion mangou avait naturellement fait appel à Détoh Létho pour diriger l’Armée de terre. C’est donc sa bravoure, son opiniâtreté et son intrépidité qui lui ont valu la nomination au grade de général par le président Gbagbo. Son ascension a été le fruit de son mérite. Alors, si un tel homme passe dans le camp de l’ennemi sans crier gare, la déception est grande, et le général Détoh Létho l’a apprise à ses dépens une fois au Golf hôtel. mais à quelque chose, malheur est bon, dit l’adage. Depuis son témoignage historique et héroïque à la CPI, les Ivoiriens ont tout compris. Ils ont compris que le général Détoh Létho est passé dans le camp de l’ennemi, non pas pour vendre son pays comme les autres l’ont fait contre des postes d’affectation, mais pour découvrir qui était véritablement l’ennemi.

 

Le séjour au Golf a permis à Détoh Létho de se faire une vraie idée des tenants et aboutissants du complot. Ce stage lui a permis de bien éclairer les magistrats de la CPI. Son témoignage est un véritable coup fatal à ouattara et à ses amis français de la galaxie Sarkozy. Dans la mesure où tout ce qu’il dit ne peut être contesté pour avoir été témoin oculaire de ce qui s’est passé au Golf. Il a participé aux réunions de guerre qui s’y tenaient, tous les jours, de 8 heures à 11heures. Toutes les décisions de ces réunions ont été prises en sa présence. C’est en sa présence que se faisaient toutes les manœuvres armées de la rébellion aidée des militaires français. C’est surtout en sa présence que feu le ministre Désirée Tagro, dont mangou disait qu’il s’était tiré une balle dans la bouche, a été conduit au Golf très mal en point. Bref, à la CPI, le général Détoh Létho ne s’est pas dérobé face à ses responsabilités. Il a courageusement dénoncé tout ce qui s’est passé au Golf, et a dit qui faisait quoi. oui, Détoh Létho s’est réhabilité de luimême aux yeux du peuple de Côte d’Ivoire. Nous ne pouvons pas en dire autant de mangou. Dont la collusion avec l’ennemi a été clairement dévoilée par son commandant de l’Armée de terre.