La Cour pénale internationale   (CPI) a pris une nouvelle mesure dans la
scandaleuse prise en otage du président Laurent Gbagbo. Cette décision est tombée le jeudi 28 février dernier. Elle a été prise par le
juge-président de la Chambre d’Appel, le Nigérian Chile Eboe-osuji, qui a accepté de défaire un peu la restriction de la liberté sous conditions
infligée à Laurent Gbagbo.
L’ancien président ivoirien,acquitté le 15 janvier 2019 mais curieusement retenu par la Cour, est désormais tenu de «ne pas voyager audelà
des limites de la région de l’État de résidence sans l’autorisation expresse et
préalable de la Cour».

Par cette décision dont La Voie Originale a obtenu copie (publiée
en encadré), la Chambre d’Appel de la CPI desserre l’étau autour du
président ivoirien renversé le 11 avril 2011 par l’armée
française prostituée par Nicolas Sarkozy. 

 

En le libérant sous conditions du centre de détention de Schevenningen, à La Haye, aux Pays-Bas, cette même Chambre avait ordonné,
le 1er février 2019, au président Gbagbo de «ne pas se déplacer en dehors
des limites territoriales de la commune de l’État de résidence
sans l’autorisation expresse et préalable de la Cour». C’est donc cantonné
dans une «commune» que le président vit à Bruxelles (Belgique)
depuis sa libération.
En un mot comme en cent, le président Laurent Gbagbo
est autorisé à se déplacer au-delà de sa commune de
résidence et à aller jusque dans les limités de «la région »où il vit.

 

En Côte d’Ivoire, animés d’une patience déterminante,
convaincus de son très prochain retour au pays, ses partisans font contre mauvaise fortune bon coeur.

Le samedi 2 mars 2019, sur la place publique du village d’Abattta, invitée en compagnie du Pr. Georges-Armand ouégnin (président de‘’ensemble
pour la Démocratie et la souveraineté’’), la ministre odette Sauyet Likikouet,
Vice-présidente et Secrétaire générale par intérim du FPI fondé et présidé par Laurent Gbagbo, a déclaré, à la cérémonie d’investiture de la
nouvelle fédération FPI de Bingerville, à la joie du public : «a cette allure, nous pourrions très vite apprendre que notre président peut se déplacer
dans les limites de toute l’europe, puis dans les limites de toute l’afrique,
donc dans les limites de la Côte d’ivoire. Car, camarades,
le président Laurent Gbagbo est en vérité lavé de toutes les accusations et rien ne justifie qu’il soit retenu, puisqu’il est acquitté».

 

Sur les raisons de l’élargissment de son déplacement des limites d’une commune aux limites d’une région, le président de la Chambre
d’Appel souligne que cela a été diplomatiquement demandé,
à travers «une note verbale», par les autorités du royaume de Belgique qui
trouvent que«l’application pratique de la condition (…)
du jugement serait déraisonnable compte tenu de la
configuration municipale du lieu de résidence composée
de nombreuses municipalités ».

De plus, selon le jugeprésident, la défense du président Gbagbo ayant
également «sollicité la Chambre pour modifier la condition énoncée de l’arrêt, comme suggéré par le royaume de Belgique», la
Chambre d’Appel a décidé d’opérer la modification cidessous
décrite.
Enfin selon toute vraissemblance,alors que la défense
du président Gbagbo demandait que cette décision de modification des limites du lieu de résidence soit classée confidentielle, le juge nigérian a opposé une fin de non recevoir : «La Chambre d’appel ne voit aucune
raison d’accepter cette demande et la rejette. La Chambre d’appel demande
au Greffier de reclasser la demande de M. Gbagbo comme confidentielle», a
conclu le juge Chile Eboeosuji.
Accusés de crimes contre l’humanité et jugés du 16 janvier
2016 au 15 janvier 2019, le président Laurent Gbagbo
et le ministre Charles Blé Goudé ont été acquittés de
toutes les charges. Mais ils ont été libérés sous conditions,
suite à l’Arrêt relatif à l’Appel interjeté par la Procureure
contre la décision orale de la Chambre de première instance I en vertu de l’article 81-3 c) i) du Statut de rome qui fonde la CPI.
tous ses ennemis étaient vents debout contre lui, au début de cette affaire. Alassane ouattara et ses soutiens français avaient fait croire que Laurent Gbagbo s’était offert une immense fortune financière pendant sa
gestion du pouvoir (26 octobre 2000-11 avril 2011).
Après moult recherches dans les milieux financiers officiels
du monde entier, et dans les eaux boueuses des paradis
fiscaux, la CPI l’a déclaré, dès l’entame de son procès, «indigent». Laurent Gbagbo est donc pauvre ! Mais cela veut surtout dire que le président
Laurent Gbagbo a les mains propres. Il est un homme propre. Il n’a pas été
corrompu par le pouvoir d’Etat. Premier point.En l’acquittant, le 15 janvier
2015, de toutes les charges de crimes contre l’humanité
qui pesaient sur lui, en écourtant ce procès en sorcellerie
qui n’avait que trop duré, la Cour pénale internationale
a fait mieux. Elle l’a lavé de toutes les souillures   prononcées par des bouches visiblement malpropres :
Laurent Gbagbo est trop propre ! D’une propreté qui frise
la sainteté, au moins dans sa gestion des affaires publiques.
Et pourtant, malgré ses qualités hors du commun et reconnues, l’ancien président ivoirien libéré, réclamé et attendu par l’écrasante majorité lucide des Ivoiriens,a été confiné dans une « commune». A l’appel des
autorités belges, la CPI a admis que Laurent Gbagbo est aussi trop grand pour être cantonné dans une commune, fut-elle belge ou européenne.
Deuxième point.
Mais il y a mieux. Le président Gbagbo, selon le juge nigérian de la Chambre
d’Appel de la CPI, souhaitait que cette autre victoire, la décision de desserrer l’étau autour de lui, soit gardée «confidentielle», secrète,
sans tapage. «Non», a retorqué le juge nigérian qui semble
dire qu’une telle affaire est trop belle pour être cachée
au grand public. Les choses semblent bien claires : La Chambre d’Appel
de la CPI est en voie de découvrir,elle aussi, comme la
Chambre de Première Instance I du juge italien Cuno tarfusser qui a prononcé son acquittement et ordonné sa libération immédiate, que
Laurent Gbagbo est trop propre et trop grand. En fin de compte, l’homme continue de briser les sales chaines du colonialisme et du racisme.
Sa marche du retour glorieux vers la Côte d’Ivoire, la terre de ses ancêtres ivoiriens, ne fait que se préciser
chaque jour.
Qui vivra verra .

 

SOURCE LA  Voie Originale     du Lundi 04 mars 2019