Pire, ce pays figure parmi les derniers sur le continent africain et dans le monde. C’est ce que révèle l’état des lieux fait par le Groupe d’études et de recherche sur la démocratie et le développement économique et social en Afrique-Section Cote d’Ivoire (Gerdes-Afrique) et dont le rapport a été publié, jeudi dernier, à Yamoussoukro à la faveur de la célébration de la journée internationale de la démocratie ayant pour thème «Pour une démocratie durable et apaisée». 

 

Selon le président Gerdes-Afrique Section Côte d’Ivoire, Traoré Souleymane, l’Indice de démocratie créé en 2006 par le groupe de presse britannique The Economist Group permet d’évaluer le niveau de démocratie dans 167 pays à travers le monde, dont 166 sont des Etats souverains et 165 sont membres de l’Onu. Le calcul est basé sur 60 critères regroupés en cinq catégories qui sont le processus électoral et le pluralisme, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique et la culture politique. La notation se fait selon une échelle allant de 0 à 10. 

 

Ainsi en 2016, la Côte d’Ivoire a obtenu une note de 3,8/10 et est 122ème sur 167 dans le monde et le 25ème sur 47 en Afrique. Ce qui veut dire que sur cette échelle d’évaluation, ce pays passe pour un régime autoritaire parce que la note est inférieure à 4. 

 

Le Gerddes-Afrique Section Cote d’Ivoire note, en outre, que depuis 1995, l’arène politique dans en Côte d’Ivoire est dominée par trois formations politiques qui sont le Pdci, le Fpi et le Rdr. Malheureusement, poursuit-il, ces partis politiques sont affectés par le syndrome de l’ethnocentriste. Les scrutins majeurs se déroulent avec au moins l’une de ces formations politiques. La clé de répartition demeure constante parce que ces partis se repartissent de façon équitable les électeurs. Même si, déplore-t-il, les scrutins majeurs sont toujours tronqués. « Que ces formations politiques majeures soient pour de bon édifiées sur le fait qu’aucune d’entre elle ne peut remporter à elle seule une élection basée sur le suffrage majoritaire dans notre pays actuellement », conclut le rapport du Gerddes qui fait des recommandations aux gouvernants et aux partis politiques. 

 

Au régime au pouvoir, le groupe d’études recommande d’œuvrer à une transformation de l’Etat ivoirien en Nation afin que, l’instinct fort d’appartenir d’abord à la même nation prédomine, lutter contre l’ethnocentrisme sous toutes ses formes ; garantir des scrutins inclusifs au cours de toutes les consultations électorales aussi bien par voie légale ou par dialogue vrai avec les différents protagonistes, améliorer la transparence des scrutins par une automatisation plus accentuée du processus électoral, veiller à ce que l’organe régissant les élections soit consensuel, équilibré, transparent et tienne compte dans un bref délai de l’arrêté de la Cour africaine des droits de l’homme qui commande une recomposition de la commission électorale indépendante (CEI), favoriser dans les médias d’Etat des débats contradictoires afin de dissiper certaines rancœurs et garantir la cohésion nationale, garantir enfin une séparation effective des pouvoirs. 

 

Aux partis politiques, le Gerddes recommande de dépassionner le débat politique, bannir dans les actes et paroles les propos à connotations tribales, promouvoir la culture de l’alternance politique, inciter les militants à s’inscrire massivement sur la liste électorale afin de garantir des scrutins représentatifs, éviter les invectives à leurs concitoyens afin de garantir un climat social afin de mener un combat politique avec l’esprit sportif pour que la démocratie puisse être apaisée dans le temps en Cote d’Ivoire.