En mission à Abidjan – Kader Doumbia (VGS) ‘’casse les papos’’ sur Soro, des révélations inédites sur la rébellion ivoirienne

 

Kader Doumbia, ancien membre de la rébellion, proche d’Ibrahim Coulibaly dit IB, fondateur du journal ‘’Le Miroir du peuple’’ et responsable de la société civile de la zone rebelle à l’époque, s’est révélé au public comme un grand activiste des droits des victimes. Il a créé en France le 25 mai 2019, l’association VGS (Les Victimes de Guillaume Soro) avec laquelle il entend défendre la cause des victimes de tout bord de Guillaume Soro, ex-patron de la rébellion ivoirienne des Forces Nouvelles. Kader Doumbia à Abidjan depuis quelques jours était face aux journalistes, le lundi 25 novembre 2019 à la Maison de la Presse du Plateau.
Comme associé du jour, Lama Bamba, ancien sélectionneur des Eléphants de Côte d’Ivoire (football) qui dit vouloir sauter sur cette occasion qui s’offre à lui pour réclamer justice pour son frère cadet Kassoum Bamba dit Kass, tué en 2004, pendant les moments de brouille au sein des hommes autrefois basés à Bouaké.

 

Après la brève intervention de Lama Bamba pour justifier sa présence sur la table de séance, Kader Doumbia s’est adressé aux journalistes pour dépeindre Guillaume Soro, un homme qu’il présente presque comme un monstre en tenue d’homme. L’activiste anti-Soro a été sans limite en rentrant dans des menus détails sur ce qu’il s’est passé à Bouaké entre 2002 et 2011. Il retient particulièrement la période trouble de 2003 à 2004 qui a vu deux hommes se disputer la direction du mouvement rebelle, notamment Soro et IB. Le premier a finalement pris le dessus et le second, voué aux gémonies a vu ses hommes massacrés. Ce sont Kass, le 21 juin 2004. Complètement mutilé, son cœur emporté et qui a eu une sépulture grâce à l’Onuci, la mission onusienne. A la même date ont également péri, toujours selon le conférencier, Bakus, Koné, Djalman, des centaines de jeunes par asphyxie. L’étudiant Koné Morel de la Fesci poursuit-il, compte également au nombre des victimes de Soro de même que l’un des chefs de la rébellion N’guessan Saint Clair alias Doh Félix qui dirigeait la section du mouvement rebelle à l’Ouest, le Mpigo.
Sur cette parenthèse, il déduit : « Soro est un sanguinaire ambitieux qui veut se faire passer pour une victime » avant d’inviter toutes les victimes de Soro à se joindre à lui pour demander que justice soit faite dans le cadre d’une future plainte qu’il entend introduire auprès des tribunaux.

 

Et quand on lui demande pourquoi c’est maintenant qu’il mène ce combat, Kader Doumbia répond qu’il n’a jamais changé de position depuis 2003. « Depuis 2003, j’ai toujours dénoncé. On m’a traité de Fpi, de tous les noms. Mais c’est ceux qui soutiennent Soro qui pensent que c’est du nouveau. Je ne suis à la solde de personne. Je suis dans un combat depuis 2003. Si on comprend mon combat aujourd’hui, cela va permettre à la Côte d’Ivoire d’être sauvée », affirme-t-il sans sourciller. Puis Kader Doumbia de faire sa lumière sur certains faits graves à Bouaké.
Du casse de la Bceao

 

Le 24 septembre 2003, l’opinion apprenait avec émoi et stupeur le braquage de l’agence bouakéenne de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Ce fait de haut banditisme n’a jamais été véritablement élucidé. Kader Doumbia révèle ici ce qu’il s’est passé ce jour-là. « Le casse de la Bceao a été organisé et planifié au secrétariat général des forces nouvelles (la division administrative et politique de la rébellion, ndlr). Je dirigeais le journal ‘’Le Miroir du peuple’’ et je menais mes propres enquêtes. Je notais tout ce qu’on me disait. Le 5 aout 2003, a eu lieu la première réunion dans un groupe très restreint dont je ne citerai pas les membres. C’est après cette réunion que Soro a informé IB qu’il faudrait que la Bceao soit cassée pour acheter des armes. IB a refusé. Le 23 aout 2003, IB est arrêté en France. Le 19 septembre 2003, a lieu la deuxième réunion pour le casse de la Bceao. Et la banque est finalement cambriolée le 24 septembre », relate le conférencier. Pour lui, l’idée est partie du secrétariat général et les militaires n’ont été que des exécutants. Et selon lui, hormis l’actuel ministre des Transports Amadou Koné qui aurait refusé son sac, tous les chefs civils se sont servis les premiers, suivis par les militaires. Ce qui occasionnera des débordements ayant causé des dizaines de morts que Kader Doumbia estime à 80 loin des 30 morts officiellement annoncés. Puis le président de VGS de lancer cette mise en garde : « Que Soro dépense sa cagnotte sans faire de bruit sinon si la Bceao porte plainte, il y aura beaucoup de témoins ».

 

A suivre…