Cour pénale internationale lundi dernier Le grand bordel!

 

Ce qui s’est passé, lundi dernier, à la Cour pénale internationale (CPI) traduit à merveille l’état d’esprit qui prévaut dans cette juridiction internationale qui clame haut et fort qu’elle a été instituée pour pallier les insuffisances des juridictions nationales. C’est-à-dire qu’elle se présente comme une poche de moralité, un exemple de rigueur en qui tout justiciable peut faire confiance. Quelles que soient les explications que la CPI pourrait fournir au désordre qui s’est produit, lundi, nul ne peut convaincre les esprits carté- siens que ce fut du bordel. Du grand bordel.

 

On peut dire sans se tromper que la CPI est un grand bordel. L’audience de lundi a été reportée à ce jour parce que le juge-président a relevé l’absence d’un juge.

 

Précisément le juge Geoffrey henderson. mais la vidéo de la salle montre également l’absence du juge Olga venecia del. herrera-Carbuccia. En plus le bureau du procureur a fait observer que le témoin qui devait déposer depuis Abidjan (et que de nombreuses sources indiquent être le gé- néral Detoh Letoh Firmin), n’est pas celui qu’il avait programmé pour cette audience. Faisons tout de même remarquer que le procès de Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé a été suspendu le 11 octobre dernier, pour insuf- fisance de moyens financiers. Puis, il a été annoncé à grand renfort de communication pour reprendre hier. La dé- fense, l’accusation et la partie civile prévenus, les juges avertis, le public et les autres personnalités invités au procès informés. Pendant ces trois semaines d’inactivité, les deux juges ne pouvaient-ils pas prendre toutes les mesures nécessaires pour être présents à l’audience d’hier ? même si le collège des juges était au complet, le bureau du procureur n’avait-il pas eu suf- fisamment le temps pour agencer le passage de ses té- moins (celui-ci dispose pourtant d’un bureau permanent en Côte d’Ivoire) jusqu’à s’étonner de ce que ce ne soit pas le témoin indiqué qui dé- pose ? Il arrive que la vérité éclate au grand jour en un éclair et qu’elle apparaisse soudainement comme une évidence à ceux qui doutaient encore.

 

Il faut espérer que c’est l’effet que produira le spectacle invraisemblable offert par la CPI. Ce qui, s’est passé, lundi, n’apparait pas seulement dangereux. Ces faits montrent l’absurdité d’un procès qui se moque ouvertement de l’intelligence des esprits cartésiens. A bien regarder, tous ceux qui doutaient encore de la mauvaise foi de la CPI doivent à présent être confondus et analyser sans passion les déclarations de Laurent Gbagbo quand il affirme avec force qu’il se trouve à la CPI comme «l’otage de la France pour avoir la mainmise sur la Côte d’Ivoire». Sinon comment peut-on traiter ainsi un homme, de surcroit présumé innocent, construire impuné- ment tout un bordel autour de son procès. Le tribunal lui refuse la liberté provisoire à laquelle il a droit au regard des motivations que le même tribunal a évoquées. Des médias révèlent l’existence avérée d’un complot, pas démenti, et personne ne s’en émeut. Ç’aurait été un Blanc, les choses ne se seraient pas déroulées ainsi. «L’homme révolté ne veut pas nécessairement le mal de l’autre. Son désir de vengeance peut être une progression contre un désordre, une excitation pour le maintien de la justice du bien» (Sébastien Lapaque, romancier fran- çais). Et le FPI qui a investi le terrain politique pour réclamer l’arrêt du procès et la libération pure et simple du procès est dans son droit.