Qu’ont fait les enseignants de Côte d’Ivoire à alassane Ouattara pour mériter le sort qu’il leur fait subir chaque fois qu’il en a l’occasion ? Pourquoi diantre s’acharne-il tant sur une corporation dont le rôle est essentiel dans l’éducation et la formation des jeunes ivoiriens, futurs cadres du pays ?

 

Ces deux questions, les 78 adjoints au chef d’établissement récemment promus dans les fonctions de secrétaires géné- raux de direction régionale de l’Education nationale se les posent depuis que le couperet de l’injustice a «tranché» l’indemnité de 75.000 FCFa qu’ils espéraient voir figurer sur leur dernier bulletin de salaire. Que non ! au contraire de leurs collègues, les nouveaux promus ont désormais droit à une indemnité de… 25.000 FCFa. Soit le tiers de ce que perçoivent les «anciens» dans la fonction. alassane Ouattara est passé par là, sans bruit mais avec la même morgue et la même dé- termination.

 

Mis devant le fait accompli, les intéressés n’ont d’autre choix que celui d’accepter cette indemnité ridicule, signe d’injustice et de discrimination. Pis, cette mesure est la preuve du mépris souverain qu’a alassane Ouattara pour la fonction enseignante. Ouattara est pourtant coutumier du fait. On se souvient qu’en décembre 1991, alors qu’il était Premier ministre, il avait fait prendre le célèbre décret n°91-818 qui instituant le raccrochage des nouveaux enseignants. Les enseignants recrutés à partir de cette pé- riode avaient alors droit à un traitement salarial équivalant à la moitié de celui de leurs collègues anciens. Cette injustice ne fut réparée qu’au lendemain du coup d’Etat de 1999 par le général robert Guéi avant que le président Laurent Gbagbo en ordonne l’application des effets financiers en juin 2001.

 

Par la faute d’alassane Ouattara donc, l’école ivoirienne a souffert pendant près de 10 ans de cette catégorisation qui a fait des enseignants raccrochés une génération de fonctionnaires sacrifiés sur l’autel de politiques économiques mal ficelées. avec la réduction drastique de l’indemnité de fonction des nouveaux secrétaires généraux de direction régionale de l’Education nationale, c’est une page sombre de l’histoire de notre pays qui s’ouvre de nouveau.