YKJ notre source dont nous taisons le nom par souci de protection (sa vie est menacée) vit depuis une quinzaine d’années un véritable calvaire. La terre qu’il a héritée de son père, dans le centre-ouest ivoirien, lui a été arrachée par un ex-chef rebelle bien connu. Le jeune propriétaire terrien a même été forcé sous la menace d’une arme de signer des papiers dont il ignore le contenu. Aujourd’hui exilé, il espère tout de même être rétabli dans ses droits. Son histoire. 

 

Pour protéger notre source certaines informations ont été masquées.

 

Je me nomme, YKJ, je suis né le XXXXXXX à Bingerville  dans le  Sud  de la Cote d’Ivoire.  Je suis fils de feu XXXXXXX et de XXXXXXX.

 

Je suis père de deux  (2) enfants mineurs restés en Côte d’Ivoire.

 

J’ai été employé en qualité de comptable à la société XXXXXXX depuis le mois d’août 2004.

 

Indépendamment de mon métier de comptable comme sus indiqué, j’ai hérité d’une grande parcelle de forêt de (17 hectares) dans la région de la Marahoué précisément à Kononfla depuis le 21 juin 2001 après le décès de mon père.

 

Il est bon de préciser que mon père était enseignant dans la région de la Marahoué précisément à Kononfla depuis 1965. Après l’acquisition de sa forêt en 1975 il a érigé un campement sur place  communément appelé « Ahougnanssou ». J’ai fait la plupart de mon enfance dans ce campement et j’ai régulièrement participé  à la mise en valeur de la terre et aux travaux champêtres au côté de mon défunt père.

 

En réalité, après le décès de mon père le 21 Juin 2001, j’ai hérité de ses plantations en ma qualité de fils ainé des garçons de ses trois (3) enfants. A cette époque, j’étais encore étudiant en 2ème année de Finances comptabilité au groupe « CBCG de Bouaké ». Pour faire face à mes nouvelles obligations, j’ai dû employer cinq (5) ouvriers de nationalité Burkinabé pour les travaux d’entretien et de mise en valeur de mes plantations de cacao, d’hévéa et de palmiers à huile.

 

Bien que reconnu propriétaire par la chefferie villageoise de Kononfla et les autorités locales de Sinfra, détenteur des titres de propriétés dûment signés par le Ministère de l’agriculture  et de la direction des impôts ( cadastre)  de mon pays depuis 1983 j’ai été chassé de mes plantations manu militari par un chef rebelle alors commandant de la zone de Vavoua et actuellement promu au grade de colonel et commandant de bataillon. Il s’agit de monsieur K.Z.

 

En effet, le 28 Août 2015 aux environs de 10 heures du matin, j’ai été informé téléphoniquement par mes ouvriers et des riverains de mes plantations de la visite et de la présence d’une cinquantaine d’hommes en armes et habillés en tenues militaires. Ils ont intimé l’ordre à mes ouvriers de m’informer de ce que je suis convoqué par la Gendarmerie de Daloa au sujet de mes parcelles.

 

Le lendemain je me suis rendu à la Gendarmerie de Daloa où  m’attendait le commandant K.Z. que je n’avais jamais vu auparavant. Furieux et très énervé à mon endroit il m’enjoint  l’ordre de ne plus mettre les pieds dans mes plantations si je tiens à ma vie et m’informe par la suite me montrant un faux document d’achat de mes plantations signé curieusement par un des anciens chef-ouvrier de mon père que j’ai réengagé KABORE Jean Baptiste et qui avait abandonné son travail à ma plantation pour rejoindre la rébellion depuis le déclenchement de la crise ivoirienne de 2002.

 

J’ai été l’objet de menaces de mort à plusieurs reprises  de la part de K.Z. pendant notre entrevue. Alors que je tentais de lui expliquer que j’avais tous les documents officiels de mes plantations et qu’il s’agirait certainement d’une erreur. Mieux d’une supercherie  parce que le nommé KABORE n’avait ni qualité encore moins les compétences requises pour ratifier un tel document.

 

A court d’idées et pris de panique, mon interlocuteur sur un ton vindicatif dit et je cite : « c’est parce que tu n’es pas encore mort que tu parles de droits ; si tu es encore en vie remercie le ciel. Je ne te tuerai pas aujourd’hui parce que tu n’es pas bété comme les Gbagbo là; mais fais très attention à toi et ne remet plus jamais tes pieds sur cette parcelle parce qu’elle est à moi désormais. D’ailleurs j’envoie mes agents sur place pour sécuriser toute ma parcelle. Je leur donne l’ordre d’abattre tous ceux qui vont roder autour y compris toi-même. »

 

 Il m’a par la suite obligé sous la menace de ses armes d’apposer ma  signature séance tenante sur un document que j’ai pas pris la peine de lire sous peine d’être abattu.

 

 

 

Je me suis rendu plus tard à la brigade de la gendarmerie de Daloa, pour porter plainte pour expropriation illicite de mes  biens et menaces de mort. Après avoir expliqué l’objet de ma plainte, le commandant de Brigade un certain BAKAYOKO Hamed a jugé irrecevable ma plainte parce qu’il ne voulait pas  risquer son poste et sa vie  pour une histoire de plantation.  Il ajoute par la suite  que monsieur K.Z. et tous les chefs militaires comme lui jouissent d’une impunité totale en Côte d’Ivoire.

 

En plus, ajoute-t-il, K.Z. a une très grande influence dans le tout le pays. Il  est très craint même par le commandant supérieur de la Gendarmerie Nationale