La Société de distribution d’eau en Côte d’Ivoire (Sodeci) est devenue une plaie pour des contribuables ivoiriens. Si tu ne paies pas, on coupe. Tu paies, on coupe. Un monopole de plus de 50 ans a déshumanisé cette société de service public. La compétence acquise au fil des années a été délaissée pour confier le travail à des sous-traitants peu qualifiés qui sapent le boulot. Le contribuable proteste sans véritable moyen de recours. Certains de ces nombreux désagréments que cette société fait subir à la population ivoirienne, nous ont été rapportés par l’une des nombreuses victimes de la Sodeci.

 

«On se fout du consommateur. il faut que les choses changent», a grogné notre interlocuteur, toute voix tremblante de rage. Ce dernier, nous l’appellerons Doumbia Mamadou. «je fais une demande de pose de compteur d’eau en 2017 à l’agence de la sodeci de bingerville. c’est fi- nalement en juillet-août 2018 que la pose a été effective. Mais bien avant, dans le premier trimestre de l’année 2018, j’ai reçu une facture d’eau pour des frais d’entretien de mon compteur dont la pose n’était pas encore effective. une histoire authentique», soutient M. Doumbia. «À l’agence de la Sodeci de Bingerville où je me suis rendu pour en savoir plus, la dame de service m’explique que dès lors que le client est dans la base de données, il devient automatiquement client de la Sodeci», poursuit notre interlocuteur. «Pourtant le service pour lequel j’ai payé depuis 2017 n’est pas encore fourni et vous me tendez une nouvelle facture de frais d’entretien pour un compteur qui n’existe pas. et si je ne paie pas?», interroge le client de la Sodeci.

 

«si vous ne payez pas, on vous enlèvera le compteur», a répondu la dame. «Mais comment allez-vous enlever un compteur qui n’est pas encore posé ?», interroge le client. Selon M. Doumbia, le problème s’est à nouveau posé deux mois après la pose de mon compteur, lorsqu’il a reçu une facture de plus de 21.000 FCFA. Une fois de plus, dit-il, il s’est rendu à l’agence pour s’expliquer avec le responsable du service technique, le directeur régional n’étant pas présent. «Le directeur technique m’a demandé de formuler une demande manuscrite et de payer ma consommation réelle qui est d’un peu plus de 2000 fcfA. ce que je fis», précise M. Doumbia. Avant de poursuivre : «c’est avec étonnement que j’ai constaté que mon compteur d’eau a été enlevé pour je ne sais quelle raison. j’ai fait l’amer constat en rentrant du boulot. Le lendemain, j’étais de nouveau à leur agence. et mon compteur a été remis en place, sans explication convaincante. c’est un abus qui se justifie par le monopole que détient cette compagnie»