Le Président LAurent Gbagbo et son aide de camp le lieutenant-colonel Norbert Kouassi Dua. Image d'archives.

C'est un détail qui n'a pas échappé à de nombreux observateurs. Dans le vaste mouvement orchestré au niveau du commandement des Forces armées de Côte d'Ivoire (Faci), le nom de l'ancien aide de camp de Laurent Gbagbo apparaît très clairement. Le lieutenant-colonel Norbert Kouassi Dua fait partie de ces nombreux officiers dont Alassane Ouattara a « approuvé » la nomination, mercredi 6 mars 2019. L'officier supérieur est commandant en second du Groupement ministériel des moyens généraux (Gmmg), le chef de corps de cette unité étant le lieutenant-colonel Inza Fofana.

 

C'est un peu un retour en grâce pour celui qui fut aide de camp de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute en avril 2011. Norbert Kouassi Dua constituait, avec une poignée de militaires, la dernière ceinture dans le dispositif sécuritaire de l'ancien président. Effacé, discret à souhait, celui qui, en 2008, avait remplacé le colonel Raphaël Logbo, dans la fonction d'aide de camp du président Gbagbo, a très peu fait parler de lui, après la crise post-électorale.

 

Norbert Kouassi Dua fait partie d'une dizaine de militaires qui avaient été arrêtés le 11 avril 2011, jugés plus tard, pour violation de consignes. Tous ont été acquittés, en mars 2015, par la Cour militaire, pour « délit non constitué ».

 

Avec cette nomination, pas forcément attendue, dans le commandement du Gmmg, Norbert Kouassi Dua peut aspirer à une nouvelle...vie. Son ancien patron, Laurent Gbagbo, acquitté en première instance, par la Cour pénale internationale, est en liberté conditionnelle. Il vit en Belgique dans l'attente d'un éventuel appel du procureur de la Cpi.

 

Parmi les nominations « approuvées » par le chef de l’État, Alassane Ouattara, il y a celles des colonels Issiaka Ouattara dit Wattao et Chérif Ousmane. Ce sont deux figures importantes de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (Fn), ayant connu des fortunes diverses depuis le retour à la normalité.

 

Précédemment à la tête de la Garde républicaine (Gr), Wattao commande désormais les Unités rattachées a l’État-major général des armées (Uremga). Il pourrait s'agir d'une promotion au regard de la structure du nouveau commandement- l'Uremga réunit un ensemble d'unités dont la Garde républicaine- mais considéré, sous un certain angle, on pourrait entrevoir une sorte de désaveu infligé à l'ancien homme fort de la Gr. Lui a-t-on préféré quelqu'un de plus digne de confiance ?

 

Difficile de trancher. Le nouveau patron de la Gr est le lieutenant-colonel Dembelé Bassaro, réputé expérimenté.

Le colonel Chérif Ousmane, anciennement commandant du 1er bataillon de commandos et parachutistes, devient sous-chef d’État-major de l'armée de terre. Cet autre officier discret, connu comme grand formateur, bénéficierait de la pleine confiance du chef de l’État, Alassane Ouattara.

 

Autre figure de l'ex-rébellion, le colonel Ouattara Morou est, lui, chef de corps du Bataillon de sécurisation de l’Est.