La circulation pourrait être perturbée en fin de semaine prochaine par les taxis communaux de Port-Bouët. Non seulement, les chauffeurs de taxis communaux ne circuleront pas, mais ‘’empêcheront par tous les moyens’’, la circulation aux réfractaires à la grève et aux autres taxis.

C’est ce qu’a laissé entendre un groupe de chauffeurs très remontés, le samedi 22 février 2020, à Port-Bouët, non loin d’une station-service abandonnée, dans les environs du grand marché. Ils ont également donné les raisons de cette colère et possible soulèvement.
« Beaucoup de nos collègues chauffeurs de taxis communaux de Port-Bouët roulent sans papier ni assurance, encore moins la patente et la visite technique. Et pour cela, ils bénéficient de la protection du commissaire de Police du 5e arrondissement, dont les éléments ferment les yeux sur ces infractions graves. Il suffit à ces chauffeurs véreux de payer un ticket de 2000 francs Cfa par jour par l’entremise de la structure Asal’fo Taxis jaune, pour que le tour soit joué. D’ailleurs, l’encaissement se fait derrière le commissariat », a révélé Koné Ardiouman avec une voix empreinte de colère.

Pour Koné et ces nombreux chauffeurs, l’on ne doit pas exposer les passagers des taxis communaux, à travers des voitures ‘’sans papiers’’. C’est pourquoi, ils ont lancé un appel pressant : « nous lançons un appel au maire Emmou Sylvestre, à la Direction générale de la police nationale ainsi qu’au ministre de la Sécurité et de la Protection civile, afin qu’ils se saisissent de ce dossier »
Joint un peu plus tard en fin d’après-midi, le commissaire Palé, chef de service du 5e arrondissement, mis en cause, est tombé des nus.
« Je n’ai jamais été en contact avec des chauffeurs de taxis. Je mets quiconque au défi de m’apporter des preuves de ces accusations. D’ailleurs, mes éléments ne contrôlent pas de pièces de véhicule. C’est la Préfecture de Police qui envoie des hommes ici, quand c’est nécessaire. Mes éléments sont postés à Akwaba et Malox, pour réguler la circulation. Je ne suis concerné ni de près ni de loin. Nous ne fournissons aucune autorisation de circulation. Un groupe de syndicats avait même voulu nous associer dans sa gestion au quotidien. Nous avons décliné l’ordre et avons dit aux animateurs que nous sommes là pour l’ordre, la discipline et l’application de la loi », a martelé le chef de service du commissaire du 5e arrondissement.

Même son de cloche pour Asal’fo taxis jaune, qui qualifie cette accusation de conspiration. « Ce sont des mensonges. Il n’y aura pas de grève. Les 2000 francs Cfa que je fais payer aux chauffeurs, c’est pour leur faciliter le renouvellement de leur permis et de leur assurance. Je ne donne aucun centime à un policier. Ce sont des rumeurs dans lesquelles je ne me reconnais nullement », a-t-il sèchement répondu, lors d’un entretien téléphonique, le dimanche 23 février 2020, peu après 12h.