A la suite de la rencontre entre Ouattara et Bédié, le mardi 10 avril 2018, le pré- sident de l'Assemblée nationale a aussitôt réagi à travers un communiqué rendu public, ce mercredi 11 avril. A ce propos, Guillaume Soro dit d’abord avoir pris connaissance «du communiqué conjoint issu de la rencontre entre leurs excellences Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire et Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda». Avant de les mettre face à leurs responsabilités respectives.

 

«Le président de l’Assemblée nationale fait confiance à ces deux grands hommes d’Etat, pour conduire le navire Ivoire dans la tranquillité, la stabilité et la paix», relève Guillaume Soro, dans le communiqué daté du mardi 10 avril. Il y «encourage les Présidents Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié à poursuivre ces pourparlers, dans le sens de l’inclusivité». Et les informe qu’il apprécie «leur appel à la retenue dans chaque camp, pour consolider le climat de paix en Côte d’Ivoire». Soro Guillaume salue aussi «cette rencontre et se réjouit que, conformément au souhait exprimé le 3 avril 2018, dans son discours, lors de la rentrée parlementaire, le dialogue soit demeuré le maître-mot». Insinuant que la paix et la stabilité de ce pays dépendent de l'issue de la guéguerre au sommet de l'Etat. Et la solution durable à cette crise ne peut s'obtenir sans l'inclusion de toutes les institutions, surtout celle de l'Assemblée nationale, dont il assure la présidence. En d'autres termes, Soro Guillaume revendique, à mots couverts, le premier pas décisif pour la réconciliation des Ivoiriens.

 

Le 3 avril 2017, lors de la session ordinaire du Parlement, il disait : «Sans doute, chers collègues, nombreux parmi vous, s’en souviendront, il y a de cela 5 ans, le 12 mars 2012, plus exactement, lors de la séance inaugurale de la dernière législature je prononçais cette phrase qui me revient encore à l’esprit et je cite : ‘’la première marche vers le réveil définitif de notre jeune nation est sans aucun doute, la réconciliation entre ses filles et ses fils’’. Aujourd’hui encore, mesdames et messieurs, la réconciliation dans notre pays, reste manifestement une quête à assouvir. Elle ne peut, au demeurant, ni se départir, ni se défaire de son compagnon qui, à mes yeux, reste le pardon». Un an après, le président du Parlement constate que son appel à réconciliation est en train de faire cas d'école au sommet de l'Etat. Seul point noir, l'ex-Secrétaire général de la rébellion de 2002 semble être mis à l'écart. Alors que la rencontre aurait pu être inclusive, ouverte à plusieurs autres acteurs politiques, pour une réconciliation vraie et véritable en Côte d'Ivoire. «Faut-il le rappeler, l’année dernière, nous avions un thème auquel nous avons essayé, pendant toute une année, de sensibiliser nos concitoyens. Hélas, certains de nos compatriotes y ont vu un appel opportuniste nourri d’arrière-pensées politiciennes (…) Je vous affirme donc ma volonté immarcescible de continuer ce combat, pour le pardon et la réconciliation : voie qui nous conduira à la construction d’une véritable nation ivoirienne», avait rappelé malicieusement, Soro Guillaume, le 3 avril 2018, lors de la rentrée parlementaire. Le communiqué qu’il publie ce mercredi 11 avril, peut donc, paraître comme une interpellation à l’endroit d’Alassane Ouattara et Konan Bédié. L’ancien patron de l’ex-rébellion des Forces nouvelles rappellent aux deux leaders du Rdr et du Pdci-Rda, que le Rhdp est d’abord et avant tout un tré- pied dont l’absence de Guillaume Soro créerait son déséquilibre. Cà, Ouattara et Bédié ne devraient pas l’ignorer, semble dire Soro.