Ouattara avait promis de rendre le pays ingouvernable

Ouattara avait promis de rendre le pays ingouvernable

La scène se déroule, le 8 août. Soit deux jours après le discours à la nation du  chef de l’Etat voulant rassurer les Ivoiriens sur la politique sécuritaire du pays.

Seulement deux jours. Et ‘’des gens’’ ont voulu mettre à l’épreuve la déclaration présidentielle.

Rappelons ce que Alassane  ouattara avait déclaré : «Dès le

début de l’année, la Côte d’ivoire a été secouée par des

revendications militaires qui ont pris une forme particulièrement

violente. Les populations ont été effrayées. Les activités économiques ont été perturbées.

Je sais que ces moments ont été traumatisants pour beaucoup

d’entre vous. Nous avons pris des décisions difficiles et importantes

dans le souci de maintenir la paix et de préserver des

vies humaines. en conséquence,les militaires ont regagné

les casernes. L’important travail de reprise en main de

notre armée est plus que jamais  nécessaire. a cet égard, nous

accorderons une place de choix à la discipline et à la formation

de nos soldats pour leur inculquer l’amour de la patrie et un

sens civique élevé. Nous investirons encore plus dans l’amélioration

des conditions de vie et de travail de nos forces de défense

et de sécurité ; et nous mettrons à leur disposition les

équipements nécessaires.

Notre armée doit retrouver un esprit de corps et être au service

de la Nation pour protéger les populations et les institutions.

toutes ces mesures visent à créer une armée véritablement

républicaine, réconciliée dans ses différentes composantes,

mais aussi avec les populations.

en contrepartie de tous ces efforts de la Nation,j’attends, de la part de nos soldats,de la discipline ainsi qu’un comportement digne et exemplaire.

a cet effet, j’ai instruit la hiérarchie militaire d’appliquer avec

fermeté le règlement vis à- vis de tout soldat qui fera preuve

de manquements graves à la discipline militaire. par ailleurs,

je demande à nos forces de défense et de sécurité de redoubler

d’efforts pour éradiquer les braquages, le phénomène de

coupeurs de route et le racket.

Des moyens importants seront mis à la disposition de la police

et de la gendarmerie pour éradiquer ces fléaux qui perturbent

la quiétude de nos populations.

La lutte contre la détention illégale d’armes sera renforcée et

la justice s’appliquera à tous».Que s’est-il passé, hier ?

Selon des témoins, bien avant 11h,des individus sont amenés devant

le poste de police du palais de justice, dans des véhicules

banalisés. Ce sont des déférés du jour qui peuvent venir des

commissariats, de la Dst, de la gendarmerie d’Agban etc. Ils

n’ont pas le temps de se faire enregistrer que des individus

sur lesquels ne pèse aucun soupçon de malveillance pénètrent

dans les lieux, par l’accès réservé au personnel, du côté

du jardin de la Pergola. En un clin d’oeil, ils sortent des armes

de guerre, maîtrisent les éléments de sécurité. Des prisonniers

sont libérés qui vont avec eux à bord d’un véhicule (de

marque Hyundai, et qui sera retrouvé plus tard à la ‘’casse’’) arraché

à un magistrat. Au bilan, des témoins indiquent entre 15

et 20 déférés qui sont sortis du palais de justice et un policier

blessé.

Ce n’est que 30 mn plus tard, qu’un renfort de police est arrivé

sur les lieux, à bord d’un cargo. Pour sûr qu’on connaitra l’identité

des évadés quand les autorités judiciaires vont remonter

jusqu’à leurs lieux de détention d’origine. Mais, il reste que 20

déférés sont dans la nature. Des témoins comparent la

scène à des séquences de films hollywoodiens qui font référence

à des libérations d’otages.

Voilà une affaire qui met les services sécuritaires du pays au

pied du mur. Comment une telle scène a pu se produire en plein

palais de justice où la sécurité est de mise de jour comme de

nuit ?

Il est bon de rappeler que depuis peu, des attaques rocambolesques

se produisent sur le territoire national : Ecole de police,

Azaguié, Fresco, Adzopé... Sans compter les multiples braquages

dont la presse se fait l’écho au quotidien. Et ces ‘’microbes’’

qui continuent leur sale besogne sans être inquiétés,

même devant les autorités durant les jeux de la francophonie.

Et chaque fois, ce sont des discours ‘’rassurants’’ que le gouvernement nous sert. Et cette communauté internationale qui

classe le pays au rang ‘’normal’’de sécurité !

Alassane Ouattara avait promis 

de «rendre le pays ingouvernable ». C’est-à-dire créer le grand

désordre. On n’est pas encore au grand désordre. Mais l’impression

qui se dégage est qu’on y arrive progressivement

au regard de tous ces signaux. A l’exemple de ces caches

d’armes découvertes ici et là sans que les propriétaires ne

soient inquiétés. Lui qui a appelé de tous ses voeux à l’unité

des fils du pays, dans son allocution du 6 aout dernier, doit

certainement comprendre que seul un climat de paix est nécessaire

au développement du pays. Comme quoi «La vie n'est

pas comme l'un de ces appareils modernes où il suffit d'appuyer

sur un bouton pour rejouer le morceau choisi. pas

de retour en arrière possible et certains de nos actes ont des

conséquences irréparables.»