LA FUTURE GUERRE DES HÉRITIERS AU RESTAURANT

LA FUTURE GUERRE DES HÉRITIERS AU RESTAURANT

A théoriquement moins d’un an de l’élection présidentielle de 2020, l’opinion publique en Côte-d’Ivoire assiste à une véritable ébullition au sein des différentes formations politiques. Au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP unifié, au pouvoir), la volonté d’Alassane Ouattara de faire de son Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly (60 ans), son dauphin, n’est plus partagée par bon nombre de ses collaborateurs. «Gon manque de charisme», clament ses détracteurs. Au point de susciter des velléités de candidatures, telle que celle de l’actuel ministre des Affaires étrangères Amon Tanoh (67 ans) qui ne cache plus ses ambitions, s’appuyant sur la base lagunaire et sudiste du pays.

 

Notons aussi que Hamed Bakayoko (54 ans), considéré pour beaucoup comme le dauphin jusqu’à ce que Ouattara sorte la carte Gon, reste en embuscade et observe, préférant travailler à fortifier son réseau déjà assez consistant. Pour El Hadj Mamadou Traoré, proche de Soro Guillaume depuis leurs années de rébellion armée, cette guerre de succession va inéluctablement faire imploser le parti présidentiel.

Sylvie Koaumé avec Lecourrierquotidien.com

 

Mamadou Traoré (pro-Soro) « s’inquiète » de la guerre de succession au RHDP

 

LA FUTURE GUERRE DES HÉRITIERS AU RESTAURANT….

 

2020 avance à grands pas.

L’inquiétude se lit sur le visage des Ivoiriens.

Les opérateurs économiques préfèrent limiter ou même bloquer leurs investissements, car ils ne sont pas rassurés par l’environnement préélectoral qui prévaut.

Leur inquiétude et celle des Ivoiriens vient de s’intensifier avec les prémices d’une guerre de succession, des héritiers, qui se dessine au RDR-RHDP.

En effet, c’est un secret de polichinelle.

Le choix du Président du RHDP pour les élections de 2020 ne semble pas faire l’unanimité dans son camp.

En coulisse, beaucoup de ses lieutenants disent que si c’est celui qu’ils pensent qui sera choisi par lui, alors eux aussi se déclareront comme de probables candidats.

 

Car pour eux, on leur avait promis une compétition en interne pour choisir le candidat de leur parti et non leur imposer un candidat comme ce qui semble se dessiner.

Ils affirment également que le choix du Président de leur parti risque de fragiliser la cohésion en leur sein et que leur parti a toutes les chances de perdre l’élection face à Guillaume Soro si c’est celui à qui ils pensent qui devrait être leur candidat.

 

Pour ne pas donc perdre les élections et se donner toutes les chances de gagner, ils préfèrent miser sur d’autres candidatures que celles qu’on veut leur imposer.

 

Il y a parmi eux qui disent que si leur Président, contre leur volonté, arrivait à leur imposer son choix, ils feront en sorte de jouer contre ce choix dans les coulisses, car ce dernier a réussi à se mettre à dos presque tout le monde au RDR-RHDP.

 

Ils l’accusent d’être méprisant, d’avoir horreur de la contradiction et de manquer cruellement de charisme.

 

C’est pourquoi beaucoup d’entre eux préfèrent que leur Président soit candidat, même si cela est contraire à la Constitution, afin de freiner la marche de Guillaume Soro à la Présidence de la République.

Car pour eux, au RDR-RHDP, seul leur Président est en mesure d’affronter Guillaume Soro et avoir une chance de le battre.

 

A part lui, il n’y a pas un seul « waro » au sein de leur parti, pour le battre.

Entre-temps, étant à Bruxelles, j’apprends auprès de certaines autorités très introduites au sein de l’Union européenne, que cette organisation régionale a fait savoir d’une manière très polie mais ferme à leur Président que sa troisième candidature n’est pas la bienvenue.

Que faire donc ?

 

Pour se donner plus de chance de gagner, certains ont décidé au sein de ce parti au pouvoir de tenter leur chance.

C’est ainsi que de plus en plus les noms du Ministre des affaires étrangères ainsi que de celui de l’Enseignement Supérieur apparaissent comme étant de probables adversaires du poulain de leur Président.

Si on n’y prend garde, nous risquons d’assister à une guerre des héritiers au sein du Restaurant.

 

Guerre qui risque de créer plus de problèmes qu’il n’en faut.

J’avoue que je n’aimerais pas être en ce moment à la place du Président du Restaurant.

Lui qui a affaibli tous ses lieutenants au profit d’un seul qui n’arrive pas à faire l’unanimité autour de lui.

 

Pendant ce temps, nous les Soroïstes, nous nous frottons les mains, car un grand boulevard est en train de se dessiner pour notre mentor grâce à cette guéguerre que les clients du Restaurant sont en train de se mener.

Courage à vous frères du Restaurant.

Battez-vous. C’est une bonne chose.

Mais épargnez aux Ivoiriens les déflagrations de votre guerre des héritiers ou de succession.

Que Dieu nous garde ! Lecourrierquotidien.com

 

Côte d’ivoire: Amon-Tanoh et Gon Coulibaly, des frères rivaux

Réservé aux abonnés | 13 août 2019 | Par Anna Sylvestre-Treiner

Ils s’appellent « frères », et si Amadou Gon Coulibaly, 60 ans, et Marcel Amon-Tanoh, 67 ans, avaient un père commun, ce serait sans nul doute Alassane Ouattara, dont ils constituent le tout premier cercle. Mais, comme dans toutes les familles, la proximité attise la jalousie et la rivalité.

Les deux hommes se connaissent depuis leur enfance : le père du premier, élu député de 1959 à 1990, était en effet un proche de Philippe Yacé, l’oncle du second, président de l’Assemblée nationale.

L’aristocratie de Korhogo, au nord, s’alliait avec celle de Jacqueville, au sud.

Mais c’est bien dans leur combat auprès d’Alassane Ouattara qu’Amadou Gon Coulibaly et Marcel Amon-Tanoh se sont rapprochés. Eux qui comptent parmi les rares à pouvoir tutoyer le président sont à ses côtés depuis les débuts du Rassemblement des républicains, en 1994.

« Le préféré du chef de l’État »

À son arrivée au pouvoir, en 2011, ils sont nommés à des postes clés : secrétaire général de la présidence pour l’un, directeur de cabinet pour l’autre. Ils se voient au quotidien, déjeunent ensemble avec le président, mais, selon leur entourage, la relation n’est pas toujours au beau fixe.

« Ils sont dans une course à qui sera le préféré du chef de l’État », analyse un haut cadre du parti présidentiel. Nommé ministre des Affaires étrangères quand Gon Coulibaly est devenu chef du gouvernement, en 2017, Amon-Tanoh est depuis distancé par son cadet, qui apparaît comme le dauphin d’Alassane Ouattara pour la présidentielle. « Marcel ne pourrait-il pas être le plan B ? » veut croire un proche du ministre, assurant « qu’il s’y prépare ».