« Une Bête politique », c’est en termes qu’un cadre du Rassemblement des Républicains (RDR), proches de Soro et de Hamed Bakayoko parle du premier. « Enterrer trop tôt cet as du rebond serait une grave erreur », a ajouté ce cadre du parti présidentiel qui a requis l’anonymat.

 

A juste titre car tout porte à croire que le Président Ouattara a fait son choix en vue de sa succession à travers la confiance totale accordée à Gon Coulibaly bombardé Premier ministre avec le ministère du budget en bonus et à Hamed Bakayoko, seul ministre d’Etat de l’actuel gouvernement, par ailleurs ministre de la défense.  Hambak, comme il se fait appeler à Abidjan, semble refaire son retard vis-à-vis de Soro, anciennement son chef de gouvernement. « Avant, Ouattara donnait plus d’importance à Soro et considérait que Hamed n’était pas encore suffisamment mature. Le dossier burkinabè, entre autres, a fait évoluer sa réflexion. Guillaume s’y est brûlé les ailes, quand Hamed a démontré qu’il avait changé et mûri. C’est lui qui l’a géré, c’est lui qui s’est époumoné à convaincre tout le monde que [Roch Marc Christian] Kaboré serait élu. », a indiqué cette source au confrère panafricain Jeune Afrique dans sa livraison. Et d’ajouter : « Soro au RDR, c’est un peu Konan Banny au PDCI. Au sein du RDR, Hambak jouit du soutien de figures telles qu’Amadou Gon Coulibaly, Henriette Dagri Diabaté ou Adama Toungara. », non sans attribuer la réclusion de l’actuel président de l’Assemblée nationale aux démêlés judiciaires que son entourage et lui affrontent en ce moment.

 

 Toutefois, la pierre angulaire que rejettent les sofas de Ouattara pourrait à nouveau être la principale sur laquelle s’appuiera le RDR après Ouattara. Au demeurant, l’art de rebondir de Soro n’est plus à démontrer. Laurent Gbagbo, pour lequel Soro a fait la prison à plusieurs reprise en sait quelque chose. Il a été le véritable artisan de la chute du régime Gbagbo et de l’accession de Ouattara au pouvoir d’Etat. Quitte à mettre sa vie en jeu en dirigeant à l’âge de 29 ans une rébellion armée avec compétence et droiture. Lui, le civil, l’étudiant sorti fraîchement de l’université. Tenir la dragée haute au héro d’hier en raison de ses velléités présidentielles s’avère une erreur qui pourrait coûter cher à l’actuel parti présidentiel.