Abidjan - Trois bars employant des prostituées ont été "fermés" à Abidjan depuis le lancement de la campagne de lutte contre l’exploitation des jeunes filles travaillant dans les bars par le gouvernement ivoirien, quand 10 de ces espaces de loisirs sont "encore dans le collimateur", a annoncé, lundi dans la capitale économique de Côte d’Ivoire, la ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, Anne Désirée Ouloto.

"Trois bars ont été fermés, et il y a encore 10 dans le collimateur ; nous espérons que jusqu’à la fin de cette année, nous allons encore en fermer", a indiqué Mme Ouloto, dressant ainsi un bilan sommaire de cette opération, lors d’un échange avec des acteurs des médias, autour de la neuvième Journée nationale de la solidarité, qui s’est ouverte lundi et se poursuivra jusqu’au 12 septembre.

"J’ai été particulièrement choquée par cette image dégradante de la femme ; (…) cette opération y va également de la santé de ces filles", a poursuivi la ministre de la Solidarité.

Dans la nuit du 3 au 5 avril, la Brigade mondaine, sur instigation du ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, avait effectué une descente dans un bar exploitant des jeunes filles prostituées, et procédé à l’arrestation d’une quinzaine de ces filles.

La ministre Anne Ouloto avait également a pris l’engagement de venir en aide à ces jeunes filles en leur offrant l’opportunité d’exercer une autre activité génératrice de revenus "plus honorable" de leur choix, en vue de leur autonomisation.

"Si une femme choisit la prostitution comme métier, on ne peut que respecter son choix, mais notre mission, c’est de lui faire comprendre qu’il y a plusieurs autres choix à faire", a estimé la ministre, laissant observer que l’opération du 5 avril "n’était pas un feu de paille mais une action pour choquer les consciences".

Un fonds dénommé "Fonds femme et développement" logé au sein du ministère de la Solidarité, a été institué pour aider les femmes en difficulté dont les prostituées, en vue de leur réinsertion socioéconomique.

Anne Ouloto exhorte les jeunes filles en situation de prostitution ou d’exploitation à approcher les services de son département pour bénéficier de ce fonds.

Les bars climatisés et autres espaces de loisirs employant des jeunes filles prostituées ou des danseuses nues, pullulent depuis cette dernière décennie la ville d’Abidjan et quelques localités de l’intérieur du pays. Le gouvernement ivoirien, s’est engagé depuis quelques mois dans une campagne contre ce fléau qui gagne chaque jour de l’ampleur.
Source : AIP
26/08/2014