« Quand on va à la Cpi, on ne revient plus. Affi N’Guessan le sait. La Cpi est un
voyage sans retour. Dans l’histoire, aucune personne n’est allée à la Cpi et est revenue
», a affirmé Cissé Bacongo, le nouveau ministre de la Fonction publique et
des reformes administratives du régime Ouattara. Mauvaise foi ou manque d’informations,
ces propos montrent les limites de ce cadre du Rdr. Mais ils prouvent également comment les
militants du Rdr sont désinformés par leurs responsables. Cissé Bacongo étant député Rdr de Koumassi
(une des dix communes d’Abidjan). Par ailleurs,Enseignant de droit à l’Université d’Abidjan-Cocody,
Bacongo ne devrait pas être totalement ignorant des décisions récentes de la Cour pénale internationale (Cpi) relatives à la relaxe de certains prévenus de la Cour. Cissé Bacongo tente vainement
de réconforter les militants du Rdr gagnés par le doute quant au dossier Gbagbo. En effet, l’allure que prend l’affaire Laurent Gbagbo est entrain de convaincre les plus sceptiques des militants Rdr sur une éventuelle relaxe de l’ex-chef d’Etat ivoirien. La Cpi, à travers son procureur Fatou Bensouda, peine
à trouver des preuves, la détention du président Gbagbo ne résiste que seulement par
la volonté de Sylvia de Gurmendi, juge unique de la chambre préliminaire I. Cela
fait dire à Me Emmanuel Altit, avocat principal du célèbre prisonnier Schevingen
à La Haye que la probabilité que Gbagbo soit libéré est grande. Cissé Bacongo donne donc
dans l’intox en faisant croire aux militants de son parti que la justice internationale
est une caisse à emprisonner et que jamais une personne poursuivie n’en ait sortie. La
réalité est pourtant toute autre. Car les exemples de prévenus de la Cpi libérés
foisonnent. Voici quelques cas :
Dans la situation de la République démocratique du Congo :
-Le 18 décembre 2012, la Chambre de première instance II a acquitté Mathieu
Ngudjolo Chui, des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité
portées à son encontre et a ordonné sa libération immédiate. Le 21 décembre 2012,
Mathieu NGudjolo Chui a été libéré. - Le 16 décembre 2011, la Chambre préliminaire I a décidé
à la majorité de ne pas confirmer les charges portées à l’encontre de M. Mbarushiman.
Il a quitté le quartier pénitentiaire de la Cour, le 23 décembre 2011, sitôt les mesures nécessaires
à sa libération mises en oeuvre, comme ordonné par la Chambre préliminaire I.
Dans la situation de la République du Kenya :
-Le 23 janvier 2012, les juges ont refusé de confirmer les charges à l’encontre de MM.
Kosgey et Ali. -Le 18 mars 2013, les charges portées à l’encontre de Francis Kirimi Muthaura ont été
retirées.
Dans la situation du Darfour (Soudan)
-Le 8 février 2010, la Chambre préliminaire I a décidé de ne pas confirmer les charges à l’encontre de M.
Abu Garda. Le 23 avril 2010, la Chambre préliminaire I a rejeté la requête du Procureur
en vue d’obtenir l’autorisation d’interjeter appel contre la décision sur la confirmation des charges.
A la lumière de ces exemples, on constate que les cadres du Rdr, à l’image de Cissé Bacongo,
maintiennent volontairement leurs militants dans l’obscurantisme afin de les manipuler.
(Source: )
Notre Voie