Général félon Doué Mathias: 1184 personnes tuées dans son village et toujours à genoux devant Ouattara (Par Deuxer Céi Angela)

« Yorozon a tout perdu. » «Le chien aboie, la caravane passe. On peut donc continuer de nous tuer mais nous demeurerons Fpi ». Les propos qui précèdent ont été rapportés par les quotidiens ivoiriens Le Temps et Notre voie dans leurs parutions du 21 novembre 2013. Ils ont été tenus le 20 novembre 2013, à Yorozon,« le village du général Doué Mathias », devant Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (Fpi), par Koadéhi Vincent, le porte-parole de cette localité où les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara - Forces armées des forces nouvelles (Fafn) puis Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), mercenaires, dozos, etc., - ont exterminé « 1184 personnes », depuis septembre 2002.

Ces paroles et le décompte macabre des centaines de victimes répondent, comme en écho, au discours élogieux adressé à Alassane Dramane Ouattara par le général félon Doué Yehamun Mathias, au sortir de l’entretien d’allégeance au tout nouvel autoproclamé président de la République qui a eu lieu au Golf hôtel, le mardi 26 avril 2011, sous le regard de Soro Kigbafori Guillaume. En voici un morceau choisi : « On ne peut pas tout livrer de cet entretien au public… Avec cette sincérité, nous pouvons réussir quelque chose d’extraordinaire aux côtés du président Ouattara. » (Télévision de Côte d’Ivoire - Tci -, télévision pirate de Ouattara, 26 avril 2013).

Au moment où le général Doué Mathias déclinait sa prose dithyrambique et jubilatoire aux pieds de Ouattara, les exécutions sommaires de ses parents de Yorozon, qui ont atteint leur paroxysme à la fin du mois de mars et au début de celui d’avril 2011, se poursuivaient dans ce village, à Duékoué, etc.

Cruelle concomitance pour le peu d’honneur qui pouvait encore rester à Doué Mathias ! L’homme rampait devant Alassane Dramane Ouattara, au moment même où les cris de détresse, les appels au secours, les gémissements des longues agonies d’hommes, de femmes et d’enfants victimes des Frci et des dozos remplissaient encore les villes, les hameaux, les forêts, etc., de la région de Duékoué.

Deux discours, deux postures diamétralement opposées. D’un côté, un civil, porte-parole d’autres civils au milieu des ruines de Yorozon, dans un environnement hostile, mais dont le verbe et la posture expriment la dignité. De l’autre, Doué Mathias, un général poltron, acteur incomparable du bal des faux-culs de la kyrielle de généraux félons - Philippe Mangou, Tiapé Kassaraté, Détho Leto, Aka Kodjo Marc, etc. - qui envoyaient les soldats au combat comme chair à canons après avoir donné leurs positions à l’ennemi et qui se sont empressés, à la queue leu leu, d’enjamber les corps de milliers d’Ivoiriens pour prêter allégeance à leur bourreau Alassane Dramane Ouattara.

La tournée de Pascal Affi N’Guessan à l’ouest de la Côte d’Ivoire, où des crimes innommables sont commis depuis plus d’une décennie, a fait remonter à la surface les miasmes des trahisons du général Doué Mathias, le premier chef d’état-major nommé à la tête des armées ivoiriennes par le président Laurent Gbagbo. Avant toutes les autres, figure la rédhibitoire trahison de la nation dont il avait reçu le commandement de l’institution militaire chargée de défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Les Ivoiriens se souviennent encore du spectacle pitoyable offert à la Radio télévision ivoirienne (Rti), au début du mois de novembre 2004, par le général Doué Mathias, empêtré dans de piètres élucubrations sur la notion « d’état-major », face aux accusations accablantes du général français Henri Poncet qui lui imputait l’autorisation de l’encerclement de la résidence officielle du président Laurent Gbagbo par les chars de l’opération Licorne. Il n’a pas fallu longtemps pour comprendre que Doué Mathias était ouvertement passé dans le camp de l’impérialisme et de ses marionnettes de la rébellion dirigée par Alassane Dramane Ouattara. Il prit la fuite après avoir jouer au malade imaginaire dans une clinique d’Abidjan.

Autres concomitances avec des tueries qui étalent la révoltante traîtrise de Doué Mathias au grand jour. Au moment même où le général félon accomplissait le premier acte public et télévisé de sa félonie, des soldats français au sol, appuyés par des hélicoptères de combat et des snipers postés aux fenêtres des tours de l’Hôtel Ivoire et au-dessus de plusieurs immeubles, exécutaient de sang froid à Abidjan des dizaines de civils ivoiriens.
Un autre constat ressort des articles consacrés par la presse à la tournée d’Affi N’Guessan : contrairement au poltron Doué Mathias qui fuit Yorozon, son village, des dizaines de femmes, véritables mères-courage, y demeurent, bien que leurs maris aient été tués par les chiens de guerre d’Alassane Dramane Ouattara et en dépit des menaces permanentes. Par exemple, dans l’un de ses comptes-rendus, Le Temps écrit :« Mais à Blody, les enfants de la crise postélectorale se comptent par dizaines tout comme à Yorozon où les veuves de cette crise sont plus d’une centaine. » (Le Temps, jeudi 21 novembre 2013).

Fort opportunément, des paroles de l’hymne de l’empire du Ouassoulou de Samory, résistant africain du XIXème siècle, me reviennent : « Si tu ne peux protéger le fer pour braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur. » (Bembeya jazz national, Regard sur le passé).

A l’examen du cas d’école que représente Doué Mathias, les mains des femmes de Yorozon sont irrémédiablement plus aptes que les siennes à tenir le sabre de l’honneur, de la résistance et de la libération. Général d’opérette, Doué Mathias aura ainsi tout le loisir de pratiquer, pour le reste de ses jours, les seuls exercices dans lesquels il excelle : la félonie, la poltronnerie appuyées de génuflexions et de reptations obséquieuses aux pieds des représentants de l’impérialisme ou de ses laquais dont Alassane Dramane Ouattara est un spécimen achevé.

L’histoire de Doué Mathias, le général félon et couard, reste à écrire.

Une contribution de Deuxer Céi Angela. L’œil du juste