Il y a quelques jours, sur Rfi, Monseigneur Antoine Koné, évêque d’Odienné, a évoqué «un repli identitaire » en Côte d’Ivoire et, au détour d’une question a eu cette réponse inouïe : « (…) si, en son temps, Laurent Gbagbo a été gagné par cet ethnicisme-là(…) ! »
J’ai le plus grand respect pour les Hommes d’Eglise et d’abord pour ses illustres représentants dans la hiérarchie catholique que sont les évêques. Adolescent, je servais la messe à la « vieille » cathédrale Saint Paul au Plateau et, avant que les évènements d’avril 2011 ne m’éloignent d’Abidjan, j’étais un fidèle régulier de la nouvelle cathédrale. Aussi ces propos de Mgr Koné m’ont profondément peiné car ils sont de la plus totale injustice envers le président Gbagbo.
Tous les hommes ont leurs faiblesses et le président Gbagbo n’y échappe sans doute pas. Cependant, s’il est un domaine où il est intransigeant sur les principes et les valeurs, c’est bien celui du problème ethnique. Tous les Ivoiriens et les Ivoiriennes savent qui a introduit ce virus malsain dans la société nationale et qui en a fait, en l’aggravant du volet religieux, un argument « politique ».
Comme on dit à Abidjan : « Gbagbo n’est pas dedans !». Et combattre ces fléaux de l’ethnicisme et de l’irrédentisme religieux est une des sources de son engagement public.
J’ai connu une fois le président Gbagbo très en colère. C’était en février 2010, au cours d’une cérémonie à Koumassi. Il venait de dissoudre la CEI et il avait appris que son président déchu « rameutait » les responsables politiques de tous bords issus de sa propre ethnie. Dans son adresse aux participants de cette cérémonie, le président a eu des mots très forts pour fustiger ce comportement et mettre à nouveau chacun en garde contre ce type d’agissement aux conséquences incalculables.
Pour mémoire, je donnerai à Monseigneur Antoine Koné, ces quelques exemples en guise d’illustration de la vision de Gbagbo dans cette problématique :
- Son Directeur de Campagne pour l’élection présidentielle d’appelait Malick Coulibaly
- Son Directeur Financier de Campagne s’appelait Seydou Soro
- Son Directeur du Protocole d’Etat s’appelait Boubakar Koné.
Puisse le Seigneur, dans sa Grande Miséricorde, aider Mgr Koné à reconnaitre un égarement passager.
Amen !

Fait le 31 décembre 2013
Bernard Houdin
Conseiller Spécial du Président Laurent Gbagbo
Représentant du Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique