Des chars de guerre de l’Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), précisément du contingent bangladais, effectuent des patrouilles depuis avant-hier lundi 09 juin, dans la ville de Gagnoa.

Mission de reconnaissance du terrain ou parade de dissuasion ? En tout cas, ces manœuvres militaires onusiennes dans l’antre de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, à seulement 24 heures du verdict qui va déterminer son sort devant la Cour pénale internationale (Cpi), alimentent tous les débats et laissent libre cours à toutes sortes de supputations sous le fromager. Ce vendredi 13 juin, est attendue en effet une décision capitale dans l'affaire '' le procureur c Laurent Gbagbo ''.

Les juges de la chambre préliminaire I devraient dire si l'ex-président ivoirien, soupçonné de crimes contre l'humanité devant la Cpi, ira en procès ou non devant une chambre de première instance. C'est dans un tel contexte que des engins dea guerre de l'Onuci intensifient les patrouilles dans la région d'où est originaire Laurent Gbagbo. Tout a commencé la semaine dernière par le défilé de camions cargos militaires, avant que le relais ne soit assuré, depuis deux jours, par les chars. « Sommes-nous dans un pays en guerre pour qu’on sorte des
chars ? », s’est interrogé un passant hier, à la vue de ces véhicules.

Le déplacement de ces chars d’assaut provoque d’énormes embouteillages sur les routes de la capitale de la région du Goh. Des ennuis ont été enregistrés au quartier soleil, puis à Garahio ainsi qu’au commerce. Du côté de l’institution onusienne, une source bien introduite, sous le couvert de l’anonymat, a confié que ce mouvement des soldats bangladais à travers la ville de Gagnoa n'a rien à voir avec tout ce qui se susurre au sein de la population. Néanmoins, elle précise qu'au pire des cas, après la décision de la Cpi, une intervention des forces de maintien de l’ordre de l'Onuci n’est pas à exclure. « Tous ces mouvements n’ont rien à voir avec ce que les populations croient.
A chaque remplacement de contingent, il y a ces genres d’opérations. Un nouveau contingent s’est installé à Gagnoa, et en pareille circonstance, il est nécessaire que les soldats testent le dispositif sécuritaire et militaire trouvé sur place. Sinon, il n’y a rien d’alarmant. Toutefois, par rapport au verdict du 13 juin prochain, on ne sait jamais, il peut y avoir des débordements, et les soldats doivent pouvoir les circonscrire », a confié cet élément de la force onusienne en Côte d'Ivoire.
Venance KOKORA à Gagnoa
Source L'inter
12/06/2014