Peu convainquant, lors de sa conférence de presse qu’il a
animée, hier, à la Maison de la presse au Plateau, Abel Naky a donné les raison de sa présence en  Côte d’Ivoire. Il a justifié ce que certaines personnes ont appelé, selon
lui, « ses accointances avec le pouvoir d’Abidjan ». Critiqué par ses compagnons de lutte des mouvements
patriotiques de la diaspora qui lui reprochent d’avoir dévoyer
la lutte, Abel Naky a soutenu qu’il est resté le même. Et qu’il est resté constant dans son combat pour la libération de Gbagbo. « Je suis un pro-Gbagbo non-négociable », a
clamé le président du Cri panafricain, comme pour répondre à tous ceux qui l’avaient taxé de traitre. Pour lui, en effet, rien ne peut le détourner de cette voie. Avant de d’indiquer qu’il n’a trahi personne. Bien entendu, il souligne avoir
transposé le cadre de sa lutte à Abidjan afin d’aider les populations tétanisées face aux abus du régime à retrouver de la voix. Il a par ailleurs invité ses camarades restés
en France à lui emboîter le pas en venant toucher du doigt les tristes réalités du terrain. Et pour montrer donc sa détermination, le président du Cri panafricain a proposé
une stratégie en vue de mobiliser les chancelleries et un grand nombre de populations à travers le monde à la cause de l’illustre prisonnier de la Cour pénale internationale.
A l’endroit de tous les pro- Gbagbo disséminés à travers le
monde, Abel Naky a lancé un appel pressant, en vue de s’organiser pour avoir des témoins à la barre, le jour du procès du président Gbagbo. En plus, il a proposé au
pouvoir de s’inscrire dans une logique de réconciliation nationale en acceptant d’initier une conférence nationale souveraine du pardon où tous les acteurs de l’élection présidentielle de 2010, y compris le Fpi, viendraient demander pardon aux Ivoiriens. « Il faut donc revenir aux fondamentaux de notre lutte : demander au gouvernement
ivoirien d'intercéder auprès de la CPI pour la libération du
président Gbagbo et du ministre  Charles Blé Goudé pour faciliter le processus de réconciliation nationale. Exiger la libération de la première dame Simone Gbagbo et de
tous les prisonniers de la crise postélectorale,
retour sécurisé des exilés, le dégel des avoirs et la
libération des domiciles encore occupés. Ce sont nos objectifs d'hier, ils restent ceux d'aujourd'hui », at-
il dit. Le discours est bien beau mais il en faudra vraiment assez à Abel Naky pour convaincre les Ivoiriens
après le spectacle peu rassurant auquel qui a été donné de voir ces derniers temps.