Le tribunal d’Aboisso a définitivement mis fin, le jeudi 20 mars dernier, aux activités
nocives d’un arnaqueur notoire placé sous mandat de dépôt pour escroquerie
depuis plus de six mois. Narcisse Koudougon Gnazalé, 32 ans a comparu en compagnie
du régisseur adjoint de la Maison d’arrêt et de correction d’Aboisso (MACA)
pour tentative d’évasion et escroquerie. Ce jeune homme doté d’une intelligence
à nulle autre pareille, a créé en 2009, une structure de placement d’argent dénommée
Projet Progrès des Ménages de Côte d’Ivoire (PPMCI). Il crée des succursales
à Agboville, Aboisso, Divo et émerveille en si peu de temps les souscripteurs.
La somme déposée est immédiatement fructifiée.
Fonctionnaires, opérateurs économiques, commerçants, travailleurs du privé croient
en lui et lui versent des centaines de millions de FCFA. En si peu de temps, Narcisse
Koudougnon Gnazalé enregistre, selon lui-même, 60 000 souscripteurs, et les
avoirs de PPMCI avoisinent le milliard de FCFA.
Des clients se rendent compte plus tard, qu’il s’agit d’une vaste escroquerie montée de
main de maitre par le jeune Narcisse Koudougnon, qui jouirait même selon certaines
sources, de complicité au Trésor public et au ministère de la Justice. Il est d’abord arrêté à Abidjan puis
relâché. Ensuite, il est mis aux arrêts, cette fois à Aboisso, puis placé sous mandat de dépôt depuis l’année dernière. Bien qu’en détention préventive, l’escroc notoire va continuer ses activités.
« A cet âge, Koudougon a mis une touche machiavélique à son intelligence. Il a créé une structure
avec soixante mille souscripteurs, qui lui ont versé des millions de FCFA. Même en prison, il a lancé une opération de relance de ses activités.

Il a assuré ses vieux jours, car il a des comptes en Europe de près de cent mille Euro. De la prison, il a transféré plus de cent millions de FCFA soutirés à des victimes. Toutes ses activités sont menées depuis le bureau du régisseur adjoint, où il travaille sur son propre ordinateur et fait croire aux victimes, qu’il n’est pas en détention et qu’il a même un bureau. Les faits d’escroquerie sont établis. Le régisseur
est tombé dans le piège de l’argent. Nous sommes obligés en ce qui le concerne, de nous faire hara kiri. Déclarez les deux coupables de fait d’escroquerie, complicité d’escroquerie et condamnez
les à cinq ans de prison ferme. Condamnez Koudougnon à payer la somme de neuf millions (9 millions) de FCFA au MDL Zahui, qu’il a grugé, » a requis le procureur, Justin Koné Wawota.
Ce réquisitoire a été respecté à la lettre par le tribunal présidé par Didier Serges Ayimin.
A la barre, Narcisse Koudougnon Gnazalé a reconnu qu’il est parti trois fois en boite de nuit, escorté par
des gardes. Il recevait ses clients et visiteurs au bureau du régisseur adjoint, il faisait des opérations bancaires flanqué de gardes de la police pénitentiaire. En prison, tous les détenus l’appellent «
prési » et il menait une vie de pacha. Avant sa comparution, les juges auraient subi et subiraient encore,
d’énormes pressions sur fond de menaces, souventmême de hauts magistrats.
Sam
notrevoie du vendredi 28 mars 2014