Hamed Bakayoko a menacé de porter plainte contre les auteurs et les relais de l'article de presse qui l'incrimine d'être empêtré dans un vaste réseau de trafic de drogue.

Le journaliste André Silver Konan incite à la voie judiciaire pour faire éclater la vérité

 

 Ma position est constante depuis le début. Quand un problème aussi grave se pose, il appartient à la justice de l'éclaircir. Dans les pays qui se respectent, la justice s'en saisit, pour établir (ou démentir) les faits allégués par les journalistes. S'il s'avère que les faits sont faux, ceux-ci sont poursuivis pour diffamation. Si les faits sont réels, le mis en cause est poursuivi. C'est ainsi que les choses fonctionnent dans les Etats qui se respectent.
Dans les Etats qui se respectent, ce ne sont pas d'autres journalistes qui défendent le mis en cause, sur la base de leurs propres opinions ou en exploitant des failles dans le rendu de leurs confrères (la perfection dans un article de presse, comme dans tout travail humain, du reste, n'existe pas, et pour avoir été spécialiste dans certains pays, sans être natifs de ces pays, on peut facilement faire des confusions). C'est le mis en cause qui, à défaut d'une auto-saisine du procureur, doit porter plainte contre les auteurs de l'article. S'en prendre à des relais locaux, c'est faire preuve de faiblesse. La force, c'est d'attaquer de front les auteurs qui appartiennent à un média international. Je répète : depuis le début de cette affaire, ma position est restée constante. Monsieur le ministre d'Etat, Hamed Bakayoko, déposez la plainte sur la table des auteurs, au siège de leur journal, et lavez votre honneur bafoué à l'international, parce qu'au national, vous l'avez vous-même dit, votre "réputation est faite, elle est pure".
André Silver Konan
Ex-journaliste d'investigation
Premier et unique (jusque-là) Prix Norbert Zongo de nationalité ivoirienne