Publié le mardi 03/06/2014   source   Notre Voie 

Ecrire que le fpi veut chasser affi n’guessan, suite aux débats contradictoires de
samedi dernier, c’est étaler sa méconnaissance de ce parti et de son fonctionnement

Le quotidien Le Patriote, journal très proche d’alassane
ouattara, a plaqué, hier, à sa première page :
«Le Fpi veut chasser Affi N’Guessan : deux heures
de débats houleux entre deux clans». Quand on parcourt
l’article auquel se réfère ce titre, nulle part, il
n’est fait mention de la volonté du fpi de chasser son
président Pascal affi n’Guessan. il s’agit d’une
action d’intoxication dont l’objectif est de semer le
trouble dans l’esprit des militants du fpi.
en tout état de cause, écrire que le fpi veut chasser
son président par rapport au simple fait que
nombre de militants n’étaient pas sur la même
président affi vu l’attitude à tenir sur le mot d’ordre de
boycott du rgph, c’est méconnaître les règles démocratiques
qui régissent le fonctionnement du fpi.
au fpi, les débats sont ouverts, libres et démocratiques
au sein des instances. il y en a quatre : le Congrès, la Convention, le Comité central et le secrétariat
général. a ces niveaux, aucun militant n’est au-dessus des
autres. Ce qui compte, c’est la force des arguments. et
les débats peuvent durer aussi longtemps que possible.
et si, à la fin des débats, on ne trouve pas de consensus,
on passe au vote. et, une fois le vote terminé, tout
le monde s’aligne sur la position de la majorité conformément aux règles de la démocratie et à la discipline
du parti. C’est ce qui s’est passé au cours du Comité
central du samedi 31 mai. Ce comité central devrait
débattre de la levée ou non du mot d’ordre de boycott
du recensement général de la population et de l’habitat
(rgph). Les débats ont été houleux comme il fallait s’y
attendre parce que la question est d’importance. evidemment,
deux positions se sont affrontées. Celle de
ceux qui voulaient que le mot d’ordre soit immédiatement
levé, et celle de ceux qui voulaient qu’on attende
que le gouvernement exécute d’abord la totalité des
promesses faites.
en effet, au moment où se tenait le Comité central
du samedi 31 mai, seulement 50 pro-Gbagbo ont
été libérés sur les 150 libérations promises.
a la fin des débats, aucune position ne s’est dégagée.
il a donc été décidé de remettre la question sur la
table au cours d’un Comité central extraordinaire.
Ce n’est pas parce que la position de ceux qui
voulaient la levée, dont le président affi, ne l’a pas emporté
sur l’autre position qu’il faut conclure de façon
péremptoire que le fpi veut le chasser. Cela n’a pas de
sens. et le fait qu’il n’ait pas pu imposer son point de vue
n’entache en rien sa légitimité et son autorité à la tête
de son parti. mais faut-il en vouloir à nos frères du Patriote ? La réponse est non ! Car ils soutiennent un parti au sein
duquel il n’y a pas de démocratie. au rdr, car c’est bien
de ce parti qu’il s’agit, il n’y a pas de débat contradictoire.
Là-bas, on subit la dictature d’un homme qu’on
déifie presque. Cet homme, c’est bien alassane Dramane
ouattara. Quand il a fini de parler, on applaudit et
on se lève. aucun avis contraire au sien n’est autorisé.
De sorte que les instances du rdr ressemblent
à des rassemblements religieux où on vient écouter
soit le prêtre, soit le pasteur, soit l’imam, et, après le
prêche, on se lève parce que c’est comme si Dieu
avait parlé. n’étant donc pas habitués aux avis contraires à
ceux de leur mentor, il est normal qu’ils ne comprennent
pas qu’il en soit pas ainsi au fpi. et pourtant
c’est toute la différence entre le fpi et le rdr.
Le fpi est un parti politique qui fonctionne selon
les règles de la démocratie. sa doctrine, c’est la transition
pacifique à la démocratie. Dès lors, ce parti met
l’accent sur l’alternance démocratique au pouvoir
d’etat par l’unique voie des urnes. a la différence du rdr
qui est en réalité un club de soutien à un homme pour
qui ses affidés ont fait la guerre pour l’installer au
pouvoir. et ils sont déterminés à recommencer pour l’y
maintenir.