Ce vendredi 28 mars, nos confrères de Koaci sont allés dans la cours familiale d'Adjamé Williamsville pour rencontrer la famille d’Awa Fadiga, la jeune mannequin décédé mardi dernier par manque d’assistance médicale au CHU de Cocody.

Dame Fadiga Sirakoné encore sous le choc de la disparition de son unique enfant nous a expliqué entre plusieurs sanglots les circonstances réelles de sa mort en attendant les résultats de l’autopsie.


Selon cette dernière, sa fille revenait des deux-plateaux ce dimanche 23 mars à 22h après une visite chez des amis. A bord d’un taxi compteur, elle se fera agresser par quatre individus, le chauffeur et trois autres, comme lui ont indiqué des témoins qui ont suivi la scène.

Awa sera projetée du véhicule au niveau du pont de la gendarmerie d’Agban. Dans la chute, elle heurtera de plein fouet le trottoir avant de perdre connaissance.

Un commandant de la gendarmerie, arrivé aussitôt sur les lieux, alertera des éléments de la gendarmerie de l’immeuble Mirador d’Adjamé. Ces derniers après constat d’usage feront appel aux sapeurs-pompiers pour son évacuation au CHU de Cocody.

« Awa n’a pas été agressée à l’arme blanche ni violée par ses ravisseurs. Ils ne lui ont rien pris également. La preuve tout ce qu’elle avait dans son sac puis son argent sont avec moi ici. Ses portables aussi Seuls ces bandits savaient les mobiles de leur acte », nous précise néanmoins sa mère.

Poursuivant, Madame Fadiga notifiera qu'arrivée au CHU de Cocody toujours inconsciente, sa fille sera laissée pour compte et ce à même le sol, gisant dans une mare de sang, sans qu'aucun médecin ne vienne à son secours.

Ces informations émaneront d'un agent d'entretien en service au CHU qui prendra soin de la victime en la nettoyant avant qu’une autre femme lui prête un vêtement comme selon les propos de Mme Fadiga.

S’inquiétant toute la nuit et n’arrivant pas à joindre sa fille au téléphone, c’est presque debout que Sirakoné va passer la nuit.

C’est le lundi 24 mars aux environs de 9h qu’un gendarme décrochera le téléphone de sa fille avant de lui demander de le rejoindre au plus vite à leur base d’Adjamé Mirador. Arrivée dans l’enceinte de la gendarmerie, elle sera informée de l’agression de sa progéniture.

Après les formalités d’usages dans les locaux de la gendarmerie, la famille accompagnée et un gendarme vont mettre le cap sur le CHU de Cocody et premier choc, Awa couchée à même le sol sans assistance.

« Lorsque les médecins nous ont vu arriver avec le gendarme, ils ont donné l’ordre à une infirmière pour la mettre sur un lit et nous ont aussitôt prescrits une ordonnance qui représentait les premiers soins. Imaginez-vous que ma fille était au CHU depuis dimanche à 23h jusqu’à notre arrivée lundi à 13h. L’ordonnance nous a coûté 12 000 FCFA, je dis bien 12 000 FCFA. C’est pour cette somme que ma fille a été laissée pour compte toute la nuit. Ils ont tué ma fille pour 12000 FCFA (pleurs…), nous explique-t-elle les larmes aux yeux.

Awa ayant entendu les voix de ses parents aurait, toujours selon les propos de la mère, commencé à bouger.

Après les premiers soins, les médecins ont avisé la famille qu’il était nécessaire que la malade soit orientée vers le service du scanner tout en précisant que celui sur place étant défaillant. Obligés aux environs de 16h, de se rendre dans une clinique située en face de l’école André Malraux à la Riviera.

La jeune fille sera alors transportée dans une ambulance du SAMU pour passer le scanner qui coutera la somme de 60.000 FCFA. La famille après négociation payera 50 000 FCFA.
C’est au retour de la clinique qu’Awa commençant à avoir des problèmes respiratoires va être emmenée d’urgence à la salle de réanimation aux environs de 18h après que sa tante ait saisie un professeur dénommé Teki.

« Ma fille commençait à avoir des problèmes respiratoires sans qu’un médecin ne s’occupe d’elle. Il a fallu que ma sœur rentre de force au bureau du professeur Teki pour qu’il ordonne aux médecins de l’envoyer en salle de réanimation. Et dans la salle l’appareil qui devait servir à la pompe, un médecin nous apprendra qu’il était sa propriété privée et n’était pas obligé de nous aider » poursuit la mère.

C’est en salle de réanimation que la jeune Awa a rendu l’âme.


« Quand Awa est morte, je me suis rendu au bureau du professeur Teki pour lui poser une seule question. Je lui suis demandé s’il n’y avait pas de médicaments de premiers soins dans le CHU de Cocody, pour laisser mourir ma fille comme ça. Me Teki m’a dit ceci : Madame, tout ce que le gouvernants disent dans les medias les réalités sont toutes autres sur le terrain. Le CHU de Cocody n’a pas de médicaments pour les premiers soins», nous a raconté la mère éplorée.


« Le CHU de Cocody est responsable de la mort de Awa. Ils prêté serment de soigner, ils n’ont pas le droit de laisser les gens mourir pour 12 000 FCFA. Je ne vais pas laisser cette affaire, à partir de ma fille, plus personne ne mourra dans un hôpital pour les premiers soins. Je ne veux plus de morts pour les premiers soins dans le pays. Je vais lutter jusqu’à ce que justice soit rendue. Je remercie tout le monde, surtout vous de la presse, les réseaux sociaux pour la mobilisation autour de ma fille. Je vais me prononcer après l’enterrement. Je suis une mère révoltée et je vais le crier à tout le monde entier. J’attends l’autopsie du Procureur de la République qui m’a dit jeudi que je ne pouvais pas enterrer ma fille, parce que son corps appartenait maintenant à tout le monde entier donc il faudrait que lumière soit faite. Il m’a promis les résultats au plus tard lundi. Certainement mardi elle sera enterrée. J’irai jusqu’au bout. C’est cruel, mais ce sera la dernière fois en Côte d’Ivoire », a conclu Dame Fadiga effondrée qui n’arrivait plus à se tenir sur sa chaise.
source IM