La chambre préliminaire I de la cour pénale internationale (Cpi) a rejeté, hier, la demande
de sursis à exécution faite par le gouvernement ivoirien dans l’affaire Charles
Blé Goudé. « Selon la Chambre, la Côte d'Ivoire doit d'abord décider d’accéder à la demande de
remise à la Cour, et après l'accomplissement de cette obligation, consulter la Cour
en vertu de l'article 89 (4) du Statut de Rome si M. Blé Goudé faisait l’objet de
poursuites en Côte d'Ivoire pour un crime différent de celui pour lequel sa remise à
la Cour est demandée », indique la Cpi dans un communiqué transmis à la
presse. Dans une requête déposée le 13 janvier 2014, les avocats du gouvernement ivoirien
avaient demandé à la Cpi de les autoriser à surseoir à l’exécution d’un mandat
d’arrêt émis à l’encontre Charles Blé Goudé. Selon le gouvernement, la présence
en Côte d’Ivoire de l’ancien ministre de la jeunesse sous le président Laurent Gbagbo
était nécessaire pour mener à bien les poursuites engagées contre lui au plan national.
La Cpi veut d’abord que le gouvernement s’engage formellement à lui remettre
Charles Blé Goudé avant d’examiner la question du sursis à exécution.
Il faut reconnaître que le régime Ouattara entretient un flou artistique autour de l’affaire
Blé Goudé. Alors que dans le cas de Simone Gbagbo, le gouvernement a clairement dit qu’il ne la remettrait pas, il reste très évasif sur le cas Blé Goudé. Ce qui encourage naturellement
la Cpi à continuer à le réclamer. La Cpi se sent d’autant plus dans son bon
droit que depuis son arrestation au Ghana et son extradition en toute illégalité,
Charles Blé Goudé est toujours détenu au secret dans un endroit que ni les avocats
du concerné, ni sa famille ne connaissent. Si cette autre décision de la
Cpi illustre bien son acharnement sur le camp Gbagbo, elle a au moins le mérite de
contraindre le régime Ouattara à se prononcer clairement.
notrevoie / du mardi 4 mars 2014