La réconciliation en Côte d’Ivoire ne peut se faire en dehors du président Laurent Gbagbo. Cette vérité quasi axiomatique a été rappelée hier par le président du Fpi qui animait un meeting à Anono dans la commune de Cocody. « C’est le président Gbagbo qui était au pouvoir et qui a affronté la rébellion armée. C’est lui qui a gagné les élections et les gens ont refusé sa victoire. Comment peut-on faire semblant et vouloir la réconciliation sans Laurent Gbagbo ? Il faut être honnête. On ne
peut pas se réconcilier sans Laurent Gbagbo. Il faut qu’il vienne. Ils n’ont pas depreuve contre lui, il faut le libérer » a indiqué Pascal Affi N’Guessan qui effectue une tournée de compassion et de remobilisation de ses troupes dans le district d’Abidjan. Pour l’ancien prisonnier politique du régime Ouattara, la libération de l’ex-chef de l’Etat injustement détenu à la Cpi sera plutôt un atout pour le processus
de réconciliation. « C’est l’absence de Gbagbo qui est un problème pour la réconciliation. Sa présence va booster la paix et la réconciliation ». Dans cet ordre d’idée, l’hôte des militants d’Anono a rassuré ceux
qui auraient quelques appréhensions à l’idée de voir Laurent Gbagbo recouvré la liberté. « Nous disons à ceux qui ont peur qu’il ne faut pas avoir peur. Nous n’allons pas prendre les armes si Gbagbo est libéré. Gbagbo veut que son nom soit inscrit dans l’histoire comme celui qui a oeuvré à la réconciliation et à la paix dans son pays. Ce qu’il faut c’est des actes pour montrer que la Côte d’Ivoire a besoin
de lui », dira Pascal Affi N’guessan sous les cris approbateurs du public avant de revisiter le parcours politique de Laurent Gbagbo et notamment les actes posés en faveur de la paix et de la démocratie. « Gbagbo n’est pas un criminel. C’est unhomme de paix qui a combattu pour la liberté et la démocratie. Très tôt, il a fait le choix de la démocratie. Quand des intellectuels africains pensaient qu’il fallait
installer des régimes communistes, il a opté pour le pluralisme politique, le multipartisme
et la démocratie avant même le discours de la Baule et la chute du mur de Berlin. Grace à son combat,
le pays a embrassé la voie du multipartisme en 1990 ». Au nombre des faits d’arme de l’ancien chef de
l’Etat, le président du Fpi cite son option pour la transition pacifique à la démocratie,
l’organisation du forum de la réconciliation nationale en 2001, le dialogue avec la rébellion
armée qui a avoué avoir pris les armes pour installer Ouattara au pouvoir, la loi sur le financement des partis politiques et l’octroi d’un statut aux anciens présidents d’institution. Le président du Fpi a tenu
surtout à exprimer sa compassion à ses militants et à tous les ivoiriens qui ont été victimes de la guerre postélectorale. Affi N’Guessan a invité ses troupes à se réarmer moralement pour continuer la lutte pour la démocratie et la liberté dont il est convaincu de la justesse et de l’aboutissement. « Le Fpi ne s’arrêtera que lorsqu’il reviendra au pouvoir pour faire triompher la cause de la liberté et de la dignité. Ceux qui ont tenté de combattre l’idéal que nous portons ont échoué. Le persécuteur est fatigué. Il ne peut plus sortir les armes. Il faut continuer le combat et faire triompher la cause », a indiqué le président Affi non sans avoir montré que le meilleur hommage à rendre aux camarades tombés sur le champ de la lutte c’est de
continuer le combat. Le meeting d’Anono a vu la participation de plusieurs responsables du Fpi dont les vice-présidents Sangaré Abou Drahamane, Alphonse Douati, Marie Odette Lorougnon et Michel Amani
N’Guessan.
Jean Khalil
notrevoie / N°4647 du jeudi 20 février 2014