Prisonnier dans cette même ville, il y a tout juste quatre mois, c’est en homme libre qu’Affi N’Guessan a fait son entrée à Bouna en triomphe le dimanche dernier. Tout un symbole !
« Un pays où les enfants fuient pour aller en exil au Ghana, au Togo et au Benin, c’est la malédiction. Ceux qui ont pris le pouvoir ne gagnent rien en mettant les Ivoiriens en prison. C’est la haine. Ceux qui sont au pouvoir travaillent pour que les gens les haïssent». C’est en ces termes que Pascal Affi N’Guessan a dénoncé le dimanche dernier à Bouna, la situation actuelle dans le pays. Le président du Fpi s’adressait ainsi à l’imam central de El Hadj Cissé Ibrahim. Qui était entouré de ses proches collaborateurs à sa résidence.
Le président du Fpi a dépeint ainsi la politique d’Alassane Dramane Ouattara pour faire comprendre au guide religieux combien une telle politique constitue un frein à la paix et empêche le pays d’aller de l’avant.
« Des Ivoiriens sont en exil. Des Ivoiriens sont en prison. Leurs comptes sont gelés. Ils meurent parce qu’ils ne peuvent pas toucher leur argent pour se faire soigner. Bohoun Bouabré était malade. Il voulait se soigner, mais le pouvoir a bloqué son compte. Il en est mort. Gnan Raymond est mort faute de moyens », a déploré Affi N’Guessan. Tout en soulignant que du fait de cette politique répressive, des milliers de militaires sont en exil. Soucieux de la paix, de l’entente et de la cohésion, le président du Fpi a exhorté l’imam et les religieux à agir afin que le pouvoir se ressaisisse. « Dites à ceux qui ont le pouvoir d’arrêter. Joignez vos voix aux nôtres pour amener le pouvoir à mettre fin aux emprisonnements. Parlez à ceux qui ont les clés des prisons pour les ouvrir », a plaidé Affi. Il a donné l’assurance que son parti, le Fpi, est engagé sur la voie de la réconciliation. Il a surtout insisté sur le fait que sans la paix ni la réconciliation, le pays ne pourra rien obtenir de solide. Affi a demandé que tous les exilés rentrent, que le président Gbagbo retrouve sa liberté et son pays. Le président du Fpi a indiqué que c’est au pouvoir d’œuvrer à la recherche de la paix et à sa consolidation. Cela, souligne-t-il, passe par le rapprochement et le dialogue de la classe politique. Pour Affi N’Guessan, le Fpi court derrière la réconciliation et le dialogue parce que tous les Ivoiriens y gagnent. Il a expliqué qu’ayant vécu les souffrances de la prison, il est bien placé de prêcher la paix et l’entente.
Ce même message a été dit et répété au sous-préfet, au roi de Bouna, au responsable de l’église catholique et à toutes les autorités visitées à son arrivée à Bouna. Affi a exprimé sa gratitude pour toute l’assistance et les prières qui ont fait qu’il est sorti vivant de la prison.
L’imam central, Cissé Ibrahim, a salué la démarche. Avant de dire qu’un bon musulman doit prier dans le sens du positif. « Nous prions nuit et jour pour la paix et l’entente. Nous prisons pour la libération des prisonniers. Nous prions pour le retour des exilés », a répondu l’imam.
Quant au roi de Bouna, Djarakoroni 2, il a reconnu que « le pays est divisé et que les Ivoiriens sont dos à dos ». Selon lui, les leaders politiques sont les yeux et les oreilles des populations, A ce titre, il a salué la démarche du Fpi qui entreprend la campagne pour faciliter la réconciliation.
Le sous-préfet de Bouna a dit être heureux de retrouver Affi N’Guessan dans de meilleures conditions. « Vous êtes un roc. Je dois vous féliciter devant vos militants. Votre état d’âme n’a pas varié tout le temps que vous avez passé ici. Nous sommes l’administration. Donc nous avons pris toutes les dispositions pour veiller à votre sécurité. La démocratie doit survivre. Et c’est avec les partis politiques que cela se fait », a soutenu Binaté Lacina.
Le président du Fpi a été accueilli par un impressionnant cortège de militants qui ont massivement fait le déplacement à motos pour escorter la délégation.
En route pour Bouna en provenance de Bondoukou, la délégation du Fpi a fait une escale dans le village de Kindiba à 19 kilomètres de Bondoukou. Les militants et la chefferie ont voulu saluer le président du Fpi et sa délégation dans ce village baptisé Gbagbodougou.