« Vavoua n’a pas besoin de kalach. Vavoua n’a pas besoin de rébellion. Depuis 20 ans, la Côte d’Ivoire est dans les guerres. Et le pays marche avec la misère. On ne développe pas un pays en
tuant ses frères. Pour le pouvoir on n’a pas besoin de tuer depuis les frontières du
Burkina Faso ». Affi N’Guessan s’est élevé ainsi contre ceux qui ont introduit les
armes dans le jeu politique dans les différentes localités du département de Vavoua
qu’il a visitées. Il a déploré le sort des jeunes gens qui ont faire la guerre contre le régime
de Laurent Gbagbo. « On a donné des armes aux gens pour faire la rébellion. Ces gens sont malheureux aujourd’hui. Ils sont obligés de faire des barrages sur des pistes pour arracher les
pièces de 100F, 200F. Quand on ne leur donne pas un morceau d’igname, ils ne peuvent pas manger. Les Frci doivent comprendre qu’on les a trompés. On leur a donné des armes pour tuer et ils sont abandonnés », s’est-il plaint. « On disait que ce monsieur a des bateaux, des avions et
qu’il marche avec des richesses. Mais depuis que ce monsieur est assis au pouvoir,
tous ceux qui l’ont voté ont honte aujourd’hui. Ceux qui ont voté Ouattara doivent
nous rejoindre », a plaidé le président du Fpi. Pour l’ancien pensionnaire politique de la prison de Bouna, il faut faire en sorte que la paix revienne en Côte d’Ivoire. Il souhaite la paix pour le pays, parce que, explique- t-il, les armes et les rébellions génèrent toujours la misère et la pauvreté. « On
dit l’argent ne circule pas. Mais l’argent ne circule pas dans un pays dangereux où on égorge son prochain et on éventre des femmes. L’argent a fui la Côte d’Ivoire », a soutenu le président du
Fpi. Aux populations Gouro, Sôkya, Niédéboua et Malinké, il a prôné la paix et la réconciliation. Il a invité ses hôtes avec insistance à tourner la sombre page des souffrances endurées pour
donner la chance au pardon et à la réconciliation. Selon lui, chaque chose a son temps. Le temps des guerres stupides, fratricides et meurtrières doit prendre fin. « Tout ce qui est mauvais ne
dure jamais. Le temps des pleurs est fini. La nuit est finie. Le jour se lève avec la restauration du pays par le Fpi. Le rôle du Fpi est de reconstruire ce que les autres ont gâté. Militez pour la paix
et la réconciliation», a exhorté Affi N’Guessan. Tout en reconnaissant combien
les peuples Gouro, Niédéboua et Sôkua ont été martyrisés pour Laurent Gbagbo.
« Ce n’est pas normal qu’on présente les partisans de Gbagbo comme des bourreaux
». Il indique que toutes les souffrances se valent et ont la même importance.
« Pour guérir la Côte d’Ivoire, il faut aller voir les Blancs pour libérer Gbagbo
afin de rendre possible la réconciliation », conclut-il.
notrevoie / du vendredi 14 mars 2014

Benjamin Koré
Envoyé spécial à Vavoua