C’est un président du Front populaire ivoirien (FPI), gonflé à bloc parce que ragaillardi par la 8ème convention extraordinaire de son parti achevé la veille, qui s’est présenté devant ses militants
hier à la place FICGAYO de Yopougon. Vêtu d’une chemise blanche aux parements bleus et estampillée
du logo du FPI, le premier ministre Affi N’guessan n’a pas fait dans la langue de bois. A ses camarades venus très nombreux l’écouter, il a transmis sa foi en la victoire prochaine des forces du progrès
sur le pouvoir actuel. « Nous triompherons de la dictature », a-t-il lancé à la foule de militants hystérique. Et le numéro un du parti à la rose d’expliquer que son parti après avoir résisté, est
dans la phase de restauration avant de passer à la phase de reconquête qui s’annonce.
« Nous avons gagné la phase de la résistance positive. Nous sommes aujourd’hui
dans la phase de restauration progressive, après viendra la phase de la reconquête définitive
», s’est-il réjoui, à la grande satisfaction des milliers de militants qui ont pris d’assaut le lieu du meeting.
Pour lui, après la période au cours de laquelle la direction intérimaire, dirigée par l’actuel
troisième vice-président du parti, Sylvain Miaka Ouréto, à qui il a rendu un vibrant hommage, a évité le naufrage au parti, le moment est venu de le réorganiser, tant au sommet qu’à la base
afin de le préparer à la phase de reconquête du pouvoir d’Etat perdu injustement par les armes du fait des forces rétrogrades conduites par la France de Nicolas Sarkozy. Et pour arriver à cette étape,
le président du FPI a demandé à ses militants de pardonner à tous ceux qui les ont martyrisés. Pour s’engager résolument dans la réconciliation. Parce que de son point de vue, la réconciliation
nationale est la priorité des priorités à laquelle tous les ivoiriens doivent se consacrer. C’est pourquoi il a
demandé au gouvernement de sortir de la logique de la justice des vainqueurs pour s’engager dans la voie de la réconciliation. Une réconciliation qui exige la libération de tous les prisonniers politiques
civils et militaires ainsi que le retour sécurisé des exilés. « Le combat que Dieu demande à tous les
hommes politiques de ce pays, c’est le combat de la réconciliation. Dans les écrits, Dieu dit qu’avant de venir l’adorer il faut se réconcilier avec son frère », a rappelé le patron du FPI. Avant d’inviter
le gouvernement à lui emboiter le pas sur le chemin de la réconciliation et du rassemblement des Ivoiriens. « Il faut sortir de la justice des vainqueurs. Elle ne peut pas nous apporter la réconciliation et l’unité nationale. Libérons tous ceux qui sont en prison. Laissons les exilés rentrer », a plaidé le chef du FPI. Mais pour Affi, tous les efforts de réconciliation seront vains, si le président Laurent Gbagbo n’est pas libéré pour regagner la Côte d’Ivoire à laquelle il a tout donné. C’est pourquoi, une fois de plus,
avec l’ensemble des militants présents à la place Ficgayo, il a exigé la libération du père fondateur du FPI. « Libérez Gbagbo, parce qu’il ne mérite pas ce qui lui arrive. Même les juges de la CPI
n’ont trouvé aucune preuve contre lui », a-t-il insisté dans un tonnerre d’applaudissement
et sous les airs du single de Gadji Celi appelant justement à la libération du Woody de Mama.
Et pour aider ceux qui tiennent encore le président Gbagbo en otage, le président du FPI a demandé à ses militants de rassurer tout le monde. « Ce qui maintient encore le président Gbagbo à
la Haye c’est la peur et la honte. Nous devons donc les aider à enlever la honte et à ne pas avoir peur », a suggéré le président du FPI. Puis, il a lancé ce message à la France et à la communauté
internationale : « Nous sommes le parti de la réconciliation. Nous sommes un parti de paix. Depuis l’origine, le président Gbagbo a tracé les sillons. Il a dit que nous sommes pour la transition
pacifique à la démocratie. Nous ne sommes pas un parti revanchard. Nous ne recourrions jamais aux
armes », a-t-il martelé pour lever toute équivoque et rassurer tous ceux qui pensent à
tort que libre, le président Gbagbo cherchera à se venger. A ce sujet, le président du FPI a rappelé le parcours de son mentor. Un homme de compromis, un démocrate convaincu qui s’est employé
à rassembler tous les Ivoiriens sans distinction. D’abord dans le parti qu’il a créé, le FPI et quand il est arrivé au pouvoir en octobre 2000 par l’élargissement de ses différents gouvernement aux autres partis politiques. Pour son premier grand meeting après le 11 avril 20

et sa sortie de prison en août 2013, le président du FPI a tenu à rendre hommage à tous ceux qui par leur résistance ont contraint le pouvoir à lâcher du lest. Il a ainsi salué la direction intérimaire qu’a dirigée le président Miaka, mais aussi tous les militants dont ceux de Yopougon qui ont souffert le martyr. Comme l’a expliqué, avec émotion, le premier responsable de la fédération Abidjan-Banco, Zaba Zadi
Lazar. Il a notamment rappelé qu’au moment où le FPI tenait son meeting, le siège de sa fédération sis au quartier Wassakara, la place de la liberté au nouveau quartier et le quartier général de campagne
du candidat Gbagbo dans la commune de Youpogon sont encore occupés. Le fédéral Zadi a rappelé que sa structure a repris le travail de réorganisation et de remobilisation depuis juillet 2011. Après lui, l’ambassadeur Koné Boubakar, secrétaire national du FPI chargé de l’administration et de l’organisation
des manifestations et président du comité d’organisation de la rentrée politique a exprimé toute sa
gratitude au président et à la direction du parti pour la confiance qui a été placé en lui. Il a remercié tous les militants qui l’ont aidé dans sa tâche. Avec une mention spéciale pour les militants de Yopougon qui ont veillé sur le matériel. Mais, la vedette du jour aura été incontestablement, Sam l’Africain, le leader de la nouvelle alliance pour une Côte d’Ivoire de progrès (NACIP). Dans une brève allocution, il a mis en transe la foule de Ficgayo. « Il y a la CPI des Blancs. Des méchants. Celle où se trouve aujourd’hui le
président Gbagbo. Mais il y a aussi la CPI de Dieu. Et la CPI de Dieu c’est l’hôpital », a-t-il expliqué. Arrachant des « Bissez ! Bissez !» à une foule en extase. Qui s’est consolée du meeting avorté
du 21 janvier 2012, sur la même place Ficgayo suite à une agression perpétrée par le parti au pouvoir. Preuve que les temps ont changé. De quoi redonner du tonus aux militants du parti bleu et blanc qui rêvent à nouveau d’un retour au pouvoir. Et croient désormais dur comme fer que leur champion,
Le président Laurent Gbagbo sera bientôt de retour.

notrevoie  du lundi 24 février 2014