En attendant l’occasion, la plupart des militants du
FPI rêvent d’en découdre avec le président sortant
que beaucoup ne reconnaissent d’ailleurs plus comme leur
président. Au surplus comme un signe des temps, une nouvelle conférence de fédéraux a été créée depuis
quelques jours. Elle réunit tous les fédéraux opposés à Pascal Affi N’guessan et a à sa tête un comité ad’hoc
présidé par le fédéral de Sinématiali, Soro Kéléfowa, celui qui avait lancé l’appel de Mama et qui, depuis, est devenu le meilleur ennemi du président du FPI.
Cette trouvaille est en effet un danger pour le président sortant. Parce que sur le terrain, ce sont ces fédéraux
qui préparent les rencontres entre la base et la direction. C’est dire que sans eux ou s’ils y sont opposés les meetings et les liesses populaires qu’affectionnent bien le président du
FPI ne sont plus possibles. D’ailleurs le message du comité ad’hoc est clair :Affi N’guessan ne doit plus être reçu
chez eux.
En fait, la dynamique de mener la vie dure au président du FPI a commencé depuis le rendez-vous manqué
de décembre. En raison d’une assignation du président sortant saisie par le gouvernement comme une chance pour museler le FPI, le 4è congrès n’avait pu se tenir dans les
conditions voulues. Depuis lors, la consigne qui a été passée pendant le congrès clandestin est que les assemblées
fédérales s’expriment. Ce qu’elles font en demandant soit la
suspension ou la radiation du président  du front populaire ivoirien que le directeur de campagne de Laurent
Gbagbo pour ces élections à la présidence du FPI a accusé d’être passé de l’autre côté, c’est-à-dire chez l’ennemi.
De toute façon la sollicitude dont fait l’objet le régime pour maintenir politiquement en vie le président sortant
cachait déjà mal cette réalité. Assoa Adou avait déjà accusé le président Affi de lui avoir confié qu’il subit de
fortes pressions et qu’il ne pouvait qu’aller dans le sens de faire reporter le congrès du parti devant coup sûr
sacrer le retour du président Laurent Gbagbo à la tête du FPI, treize ans après l’avoir laissé à son ancien premier
ministre.
Mais un tel rêve ne devrait plus mettre du temps à se réaliser tant la pression des structures sur Affi est
grande. En dehors des fédérations dont les déclarations appellent à des sanctions exemplaires contre le président
sortant, le comité de contrôle du parti a encore saisi la direction pour l’inviter à organiser un comité central extraordinaire. Son courrier dont nous avons reçu copie (voir la page 3) stipule que « conformément aux dispositions de l’article 37-2 des Statuts et 16-2 du règlement intérieur,
(le comit » de contrôle)te demande de convoquer une session
extraordinaire du Comité central élargie aux Secrétaires généraux de fédérations le mercredi 17 décembre
2014 à 10 heures au Q.G de campagne du Président Laurent GBAGBO,
siège provisoire du Parti, et ce, dans les mêmes formes que le report du congrès aux fins de statuer sur les faits ci-dessus mentionnés portant atteinte à la cohésion du parti ».
La lettre envoyée depuis le 12 décembre n’a toujours pas trouvé de réponse. C’est d’ailleurs la raison pour
laquelle une pétition des membres du comité central est en cours. Selon ses initiateurs, elle devrait être opérationnelle
dès aujourd’hui mardi. Si le comité de contrôle ne peut qu’interpeller la direction sur ses manquements,
en revanche, les ¾ des membres du comité central peuvent
valablement convoquer une session extraordinaire du comité de contrôle. C’est ce qui va être fait dans les prochains jours. D’autant plus que sur les 300 membres qui sont vraiment
actifs, les initiateurs de la pétition se disent assurés de réunir
autour de leur projet un minimum de 250 militants. L’opération « Affi dehors ! » est donc engagée. Et on verra
bien de quel secours lui seront ses nouveaux alliés du pouvoir.

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