Un enseignant et quatre autres personnes ont été enlevés par des éléments des
Frci, le lundi 03 février dernier, à Abobo puis relâchés trois jours, plus tard, à
Anyama. Avant de les relâcher, les soldats pro- Ouattara les ont dépouillés de
tout. L’enseignant, très amaigri, que nous avons rencontré le dimanche 09
février dernier à Yopougon, nous raconte leur mésaventure. « Je suis un enseignant
en fonction à Grand-Lahou. Puisque mes enfants vont à l’école à Abidjan et que ma
femme est une étudiante, ma famille vit à Abidjan. Chaque fin de mois, je viens
retirer mon salaire à Abidjan. Ainsi, le 03 février dernier, après des opérations
bancaires, j’ai décidé d’aller saluer ma soeur ainée hospitalisée
à l’hôpital Félix Houphouët- Boigny d’Abobo. A environ 500 mètres de l’hôpital,
un véhicule de marque Peugeot avec à son bord des militaires gare à mon niveau.
Quatre hommes habillés en treillis et armés de kalachnikov descendent du
véhicule et m’intiment l’ordre de monter à bord de cette Peugeot bâchée. Quatre
autres personnes me rejoignent quelques instants après. Après quoi, Ils
font descendre la bâche, bandent nos yeux et démarrent la voiture pour
une destination qui nous est évidemment inconnue. Chemin faisant, ils nous accusaient
d’être des pro-Gbagbo qui veulent tuer Alassane Ouattara. Arrivé, ils nous déshabillent et
nous dépouillent de tout ce que nous possédons. Moi, ils m’ont pris 250 000FCFA,
deux téléphones portables, une clé USB et une gourmette d’une valeur de
25 000FCFA. Mes codétenus ont été dépouillés de leurs cellulaires et de fortes
sommes d’argent. Nous sommes jetés dans une chambre noire après avoir
débandé nos yeux. Celui qui semblait être leur chef, nous annonce qu’ils nous garderont
pour nécessité d’enquête. Chaque jour, ils nous interrogent sur nos fonctions,
nos relations avec les responsables du Fpi et les miliciens de Gbagbo. Je leur
ai répondu que je suis un enseignant et ce n’est qu’à la retraite que j’embrasserai
la carrière politique. Ils ne m’ont pas cru. Le 06 février 2014, ils nous appellent et
nous annoncent notre libération. Nos yeux sont à nouveau bandés et c’est sur
l’axe Anyama-Adzopé que nous avons été abandonnés. C’est là que j’ai compris que
c’est à Anyama que nous étions détenus. Le fait que nous n’ayons pas été torturés,
m’a convaincu qu’il s’agissait d’un braquage effectué par des Frci ». Comme on le constate,
contrairement aux allégations du régime Ouattara, l’insécurité sévit toujours à
toujours à Abidjan.
Une correspondance
d’Emile Kian