Dans une tribune publiée dans le quotidien espagnol El Pais, Claudia Pinero, une romancière argentine, dévoile comment elle a découvert sur sa page Wikipédia la date et l'heure de sa mort.

"Je ne suis pas morte demain". Dans une tribune publiée dimanche dans le quotidien El Pais, une romancière argentine explique le choc vécu le jour où elle a découvert grâce à la vigilance d'un internaute l'annonce de sa mort sur sa page wikipédia, version espagnole.

"Il y a un peu plus de deux semaines -un dimanche, au milieu de la nuit (...) -, j'ai jeté un dernier coup d'œil aux réseaux sociaux et à mes emails. Une grave erreur si l'on veut dormir tranquillement. Mais j'étais là, en train de lire un tweet de quelqu'un que je connaissais et qui me disait: "@claudiapineirao J'ai eu peur quand je suis allé sur Wikipédia et que j'ai vu que tu étais morte. Mais quand je me suis rendu compte que c'était dans le futur, j'ai été rassuré."

Talon d'Achille du système virtuel
"Cela l'a peut-être rassuré lui, mais moi, pas vraiment. Après le premier choc, je suis allée sur ma page Wikipédia, quelque chose que je n'avais pas encore fait, et il y avait ce passage: "Elle est morte le 26 novembre 2015 sur Wikipédia - c'était même en 2014 - à 16h45."

Comme le reprend Slate, grâce à l'aide appuyée de nombreux internautes, qui lui ont expliqué le principe même de Wikipédia ou encore la géolocalisation grâce à l'adresse IP de l'auteur des faits, la romancière a fini par localiser la provenance de cette blague qualifiée de traumatisante. Elle a cependant refusé de tenter d'identifier le prédicateur morbide qui ne se doute certainement pas du mal engendré.

"L'anonymat est le grand talon d'Achille du système virtuel. Avant, il y a quelques années -ce qui semble être la préhistoire-, quand on voulait insulter quelqu'un, lui casser la gueule ou même le poignarder, il fallait se mettre face à lui et le regarder. Avoir un contact visuel, ne serait-ce qu'un instant. (...) Aujourd'hui, dans ce monde virtuel, ce n'est plus le cas.

Nous ne savons plus qui nous agressons. Mais le pire, c'est que nous ne réalisons pas que l'agressé est aussi une personne qui peut souffrir de notre acte. Arrêtez de nous regarder avant de nous blesser, de nous embrasser, de nous toucher... je crois que c'est l'un des principaux risques des réseaux sociaux". La mention a depuis lors été retirée.
Source : 7sur7