Tout porte à le croire aujourd'hui si l'on s'en tient aux déclarations de l'ex-protocole d'Etat sous le régime de l'ex-chef de l'Etat, tenues le samedi 1er février 2014 à la salle de conférence de la préfecture de Gagnoa.
S’exprimant au sortir de la cérémonie de décoration de certains cadres de Gagnoa par la grande chancelière de l'ordre national Henriette Diabaté, l’ancien Ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Cameroun, a déclaré ceci à la presse « Je suis Ambassadeur et mon rôle est désormais de servir l'Etat de Côte d'Ivoire. Et c'est ce que je continue de faire en ce moment. J'ai été d'abord chef de cabinet de Laurent Gbagbo, ensuite protocole d'Etat avant d'être affecté comme Ambassadeur au Cameroun pour y représenter et défendre les intérêts ivoiriens. A la suite de la crise, le président Alassane Ouattara a ramené certains Ambassadeurs dont moi, au département central. Je suis alors à la disposition non d'un parti politique, mais de la Côte d'Ivoire. Partout où je passe, à Gagnoa tout comme à Abidjan, on dit ''voici l'homme de Gbagbo''. Je voudrais rappeler que je ne suis pas l'homme de Gbagbo. Parce qu'une telle étiquette ne peut pas ramener la paix dans ce pays, elle nous éloigne de la réconciliation. Nous sommes des Ivoiriens, c'est tout", a dit l'ex-collaborateur immédiat de Laurent Gbagbo avant de faire quelques précisions, exemples à l'appui, sur le rôle d'un diplomate : "L'actuel Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, M. Georges Serre était d'abord au Cameroun, quand j'y étais. Il représentait la France au temps de Sarkozy. Aujourd'hui, il demeure Ambassadeur sous Hollande. C'est cela un Ambassadeur." L'ex-protocole d'Etat est revenu sur la lettre de démission qu'il a adressée au quotidien ''Notre Voie'' et à la direction du Fpi avant son départ pour le Cameroun, en son temps. "Avant d'aller au Cameroun, j'ai déposé ma démission à Notre Voie et une autre à la direction du parti. J'ai annoncé ma démission à mon poste de Directeur de publication de ce journal, parce que je partais représenter l'Etat de Côte d'Ivoire. Je ne suis plus au Front populaire ivoirien ( Fpi). Je suis un Ambassadeur. Cette fonction exige la fidélité et la loyauté aux idéaux de la République. A ce titre, je ne peux plus aller aux meetings du Fpi, parce que ma fonction ne me le permet pas. Lorsque je serai à la retraite, je prendrai ma carte d'un parti politique pour faire librement la politique. Je pourrai même être candidat à la mairie de Gagnoa'', a ajouté cet ancien universitaire d'Italie, docteur en science politique option diplomatie. Allou Eugène n'a pas manqué de saluer le président de la République, Alassane Ouattara, pour avoir été décoré.
Sur d'éventuelles démarches personnelles qu'il mènerait pour la libération de Laurent Gbagbo incarcéré à la Haye, Il voulu très claire. "Je n'ai pas de démarches à mener pour sa libération. Gbagbo est confronté à un procès. Il y a des avocats pour le défendre. Et lui-même pour se défendre. La Cpi est une institution qui n'est pas en Côte d'Ivoire. Cependant, mon comportement de tous les jours vis-à-vis de la République, peut amener les gens à dire que le pays est apaisé, ce qui est passé est passé et donc nous voulons nous retrouver. Sinon, en pareille circonstance, seul le chef de l'Etat peut faciliter sa libération. Mais ce n'est pas en criant que Gbagbo va recouvrer la liberté. Œuvrons par notre comportement vis-à-vis de la République, pour faire libérer Gbagbo et tous nos frères en prison ».

Guy Nézo (correspondant régional)