Des documents confidentiels ont été rendus public. Ils démontrent les méthodes de J. Edgar Hoover pour tenter de déstabiliser et décrédibiliser le leader du mouvement des droits civiques.
J. Edgar Hoover, le tout-puissant patron du FBI, et Martin Luther King Jr. entretenaient une relation houleuse. Le grand parton du FBI appelait le symbole de la lutte des droits civiques des années 50-60 aux Etats-Unis "le plus grand menteur notoire du pays", tandis que King l'accusait d'inaction en faveur des droits civiques et de repression de la population noire.

Dans un document écrit en 1964, celui que l'on présentait comme l'homme le plus puissant des Etats-Unis a menacé Martin Luther King Jr de saper sa réputation en révélant ses relations extra-conjugales. Et ce, dans le but de décrédibiliser le mouvement d'émancipation de la population afro-américaine.

"Pervers sexuel"
Le New York Times Magazine a publié récemment un courrier qui prouve les pratiques occultes de Hoover. Dans cette lettre anonyme, l'auteur invite King a y prêter la plus grande attention. "Penche ton oreille de pervers sexuel sur ce qui va suivre. Tu risques d'être trainé dans la boue pour le restant de tes jours", avertit-on avant de lui intimer le suicide. "King, il ne vous reste qu'une seule chose à faire. Vous savez quoi. Il n'y qu'une seule façon pour vous d'en réchapper. Vous feriez mieux de vous exécuter".

L'affaire ne sera jamais révélée. Comme l'écrit le Times, au final, c'est l'image du FBI et de Hoover qui seront à jamais écornées. "Les médias étaient heureusement plus prudents en 1964. Hoover n'est finalement jamais parvenu à discréditer l'image publique de King. Cinquante ans plus tard, King passe pour un modèle de courage moral et de dignité humaine. Paradoxalement, Hoover est presque universellement vilipendé. Dans ce contexte, la chose sans doute la plus surprenante de cette histoire, ce n'est pas ce que le FBI a tenté (de faire), mais plutôt ce qu'il n'a pas fait".

Assassiné à Memphis le 4 avril 1968, Martin Luther King a reçu le prix Nobel de la paix en 1964. Quelques jours après sa mort, les Etats-Unis observeront une journée de deuil national, une première pour un homme noir de peau. Par ailleurs, le pays commémore depuis 1986 la naissance (le 15 janvier 1929) de l'activiste par un jour férié, le troisième lundi du mois de janvier.
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