Le communiqué laconique publié récemment par la présidence ivoirienne au sujet
d’une opération qu’aurait subi le chef de l’Etat Alassane Ouattara, plutôt que
d’apaiser la situation a surtout été source de controverse. Parce que finalement,
il ne répond pas vraiment aux questions que la population se pose. Notamment
quand et dans quel hôpital l’opération a eu lieu. Et combien de temps le repos de
Ouattara va durer. Conséquence, les rumeurs envahissent la cité et tous les
mouvements de foule ou des autorités sont diversement interprétés. Il en est ainsi
d’une une importante réunion qui s’est tenue mardi dernier à la Primature.Dans
la plus grande discrétion. Selon des sources bien introduites, le Premier ministre
Kablan Duncan, le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko, le maire Gilbert
Koné Kafana, le ministre Dosso Moussa, le ministre Ahoussou jeannot, le ministre
délégué à la Défense Paul Koffi Koffi… ont pris part à la rencontre dite hautement
stratégique. Les membres du Pdci-Rda ayant pris part à cette rencontre se seraient
ensuite retrouvés au domicile de leur président Henri Konan Bédié en compagnie
d’autres cadres pour un débriefing. De quoi a-t-il été question au cours de ces différentes réunions
? Nos sources soutiennent que la question de la santé du chef de l’Etat était le menu principal.
Les mêmes sources indiquent que la veille, lors d’un conseil de gouvernement, le ministre de l’Intérieur
Hamed Bakayoko rentré de Paris a rendu compte de l’évolution de l’état de santé de M. Ouattara. Officiellement, il aurait soutenu que tout va bien et que le chef de l’Etat se porte bien. Est-ce la
même information qu’il a livrée au comité restreint qui s’est réuni à la Primature ?
La question reste posée. D’autant plus que comme tout le monde le sait, la présidence
ivoirienne a longtemps hésité avant de produire son fameux communiqué
dans lequel elle avoue que M. Ouattara ne se porte pas bien. Au départ, la présidence parlait d’un séjour
privé sans plus. Et une source présidentielle estimait sous couvert d’anonymat
que le chef de l’Etat ne souffrait de rien du tout. Une autre bizarrerie dans cette affaire, c’est le mutisme suspect de l’inénarrable porte-parole du gouvernement qui ne ratait jusque-là aucune occasion de donner la position du régime sur tous les sujets. A chaque fois qu’ils ont été sollicités, les
services de Koné Bruno ont plutôt renvoyé les journalistes vers la présidence de la
République. « Appelez la présidence puisque ce sont eux qui ont produit les différents
communiqués », nous a-t-on souvent répondu depuis le cabinet de Koné Bruno. Comme s’il y avait
quelque chose à cacher.
notrevoie / N°4641 du jeudi 13 février 2014