Les photos de Charles Blé Goudé prises à la à la direction de la surveillance du territoire
(Dst), continuent de faire leurs effets. Elles n’ont pas seulement contraint le
ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko à tenter de montrer pattes blanches en
brandisant des photos arrangées, mais en plus, elles ont amené la Dst à faire peau
neuve. En effet, depuis le vendredi dernier, les locaux de cette police politique, lieu de torture
des opposants bénéficient d’une nouvelle couche de peinture. Cela est d’ailleurs
visible de l’extérieur puisque le portail principal a été repeint. Les cellules
aussi. Y compris celles où Charles Blé Goudé et et Jean- Yves Dibopieu ont été photographiés.
Les écritures et autres graffitis sur les mûrs et les portes des cellules ont été effacés et ont fait place à
une nouvelle couche de peinture qui a été réalisée en un temps record entre vendredi
et dimanche. Les images de Charles Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu posant le torse nu et
couchant à même le carreau avec une barbe hirsute avaient extrêmement choqué
plus d’un. A l’exception bien sûr des partisans du régime en place qui estimaient que
ces deux ex-leaders de jeunesse méritaient plutôt la guillotine. Des organisations
de défense des droits de l’homme et particulièrement le mouvement ivoirien des
droits humains (Midh), avaient vivement dénoncé une violation des droits des
personnes concernées. Rien ne dit cependant que la Dst se trouve dans une logique
de changement de ses méthodes envers les opposants. Puisque, quoique repeintes,
les cellules resteront de vrais fours où les opposants sont enfermés à longueur
de journée sans possibilité de voir la lumière du jour. De sorte qu’il a fallu qu’un
jour, Charles Blé Goudé fasse un tapage indescriptible avant d’être autorisé à se dégourdir
les jambes en marchant dans la cour de la Dst. Extrait depuis près de deux mois pour un nouveau lieu
de détention qui n’est pas non plus là où Hamed Bakayoko l’a fait photographier,
Charles Blé Goudé n’a pas encore été ramené à la Dst.

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