Dieusmonde Tadé, journaliste au quotidien Le Nouveau Réveil et président de la Section ivoirienne des médias pour la paix (SIMP), a été enlevé dans la nuit du 18 au 19 novembre 2013, à la gare de taxis Woro-Woro des II Plateaux, par des individus non identifiés. Les hommes en armes ont laissé le journaliste dans une mare de sang à Gomon, une localité située à quelques kilomètres de Sikensi, à 40 km d’Abidjan. L’enlèvement du journaliste est survenu après une interview que lui a accordée l’ex-présidente du conseil d’administration du Burida, Tantie Oussou, dont le domicile est pris en otage par un ex-chef rebelle devenu patron au sein des Frci. Celui-ci refuse de payer le loyer. Dieusmonde Tadé témoigne qu’il n’a pas vu le visage de ses ravisseurs qui lui ont porté une cagoule et l’ont transporté dans un véhicule de type 4x4. Il ne savait pas non plus où il se trouvait. Après les traitements inhumains qu’ils lui ont fait subir, les hommes en armes ont laissé le confrère en pleine brousse. Le journaliste blessé a regagné Sikensi après moult difficultés.
La nouvelle est tombée sur le monde de la presse comme une véritable frayeur. Car la corporation des journalistes n’est pas encore remise de la nouvelle de l’assassinat de Désiré Oué, rédacteur en chef du mensuel Tomorrow, à son domicile par des hommes en armes, dans la nuit du 15 au 16 novembre dernier. Ayant appris cette triste nouvelle, le secrétaire général du syndicat national des agents de la presse privé de Côte d’Ivoire (Synappci), Guillaume Gbato, s’est rendu au chevet du journaliste du Nouveau Réveil pour lui exprimer sa compassion et dénoncer cette barbarie menée par les hommes du pouvoir contre les journalistes. «  C’est extrêmement grave. Il est désormais clair que les journalistes sont pris pour cible en Côte d’Ivoire pour le travail qu’ils font. C’est inacceptable et nous ne l’accepterons pas. Nous lançons donc un appel à la mobilisation de tous pour faire échec à ceux qui ont décidé de tuer les journalistes. La liberté d’expression et la liberté de presse sont des fondements essentiels de nos acquis démocratiques. Nous ne laisserons personne les remettre impunément en cause. Il faut briser cette épée de Damoclès qu’on veut faire peser sur nos têtes. J’en appelle donc à la solidarité de toute la corporation pour enrayer ce cycle très dangereux d’assassinats de journalistes. Parce que, et il faut que chacun le sache, nous sommes aujourd’hui, tous, des morts en sursis », a-t-il martelé.
Anicet Zio

Publié le mercredi 20 novembre 2013  |  Notre Voie