Loin de s'en offusquer, la Fédération nationale des confréries dozo a salué la volonté du président de la République, Alassane Ouattara, de voir ces chasseurs traditionnels retourner à leurs activités initiales, eux qui s'étaient arrogés la mission d'assurer la sécurité des biens et des personnes.

Dans un entretien téléphonique que nous avons eu avec Dosso Sory, président de ladite fédération, hier mardi 7 janvier 2014, dans la matinée, l'homme a déclaré que la prise de position du chef de l’État tombe à pic, et pour cause. '' Depuis 2011, nous avons entrepris de sillonner toute la Côte d'Ivoire pour sensibiliser les dozo sur le fait qu'assurer des missions de sécurité n'est pas un rôle qu'il leur appartient de jouer. Lors d'une réunion que nous avons eue  avec plus de 400 ''dozoba'' (les chefs dozo : Ndlr), il y a quelques mois, nous avons insisté pour que les dozo se retirent du domaine de la sécurité. Aujourd'hui, la déclaration faite par le président Ouattara apporte de l'eau à notre moulin. Nous nous ferons alors le relais du message du chef de l'Etat'', nous a expliqué le ''dozoba'', Dosso Sory. « J'ai commencé à recevoir les dozoba de certaines régions du pays, pour discuter avec  eux de la façon dont nous allons nous organiser pour véhiculer le message du président de la République », a-t-il précisé, à cet effet.

Il est évident, a-t-il souligné, que ceux d'entre eux qui s’étaient reconvertis en agents de sécurité, moyennant de l'argent, pourraient librement quitter la confrérie, aller se former et avoir la compétence nécessaire pour être agent de sécurité. '' Il n'est plus question de se vêtir comme un dozo et se comporter comme un gendarme ou un policier'', a averti le président de la fédération nationale des dozo. De son point de vue, il est temps que les dozo fassent ressortir l'aspect culturel de leur confrérie, s'ils entendent réellement contribuer à la sécurité du pays. « La culture dozo est basée sur l'éducation, l'enseignement et la promotion de certaines valeurs. Chez les dozo, on enseigne que voler n'est pas bon, s'attaquer à quelqu'un et lui prendre ses biens sont déconseillés. Et quand tu le fais, tu en subis les conséquences. Si nous enseignons cela à nos enfants, à nos frères comme le recommande la culture dozo, nous sommes convaincus que  cela participerait à la lutte contre l'insécurité », a suggéré Dosso Sory. 

Par ailleurs, il a sollicité l'aide de l'Etat afin que tous les responsables dozo puissent mener à bien, chacun à son niveau, les actions de sensibilisation au sujet du retrait des dozo des rues. Selon le dozoba, un recensement effectué par la fédération qu'il dirige, a permis de dénombrer plus de 30 mille dozo.

 

Source 
Soir Info